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Le conflit entre l’IFAD et le Lycée Technique d’Adidogomé (LETP) autour de l’accès à la pelouse sportive continue de susciter indignation : une seule entrée, deux portes, et un bras de fer qui prive élèves, enseignants et populations locales de leur terrain.
Le Lycée Technique d’Adidogomé (LETP), l’un des plus grands établissements scolaires du Togo avec près de 5000 élèves, est au cœur d’un bras de fer avec le centre de formation professionnelle IFAD Bâtiment, installé sur le même site à Lomé. Le différend porte sur l’accès à la pelouse sportive, un espace vital pour les activités physiques et de détente des élèves, enseignants et habitants du quartier.

Une entrée, deux portes : symbole du conflit
L’accès au terrain se fait par une entrée commune, mais équipée de deux portes distinctes : l’une pour le LETP, l’autre pour l’IFAD. Selon les témoignages recueillis, si l’IFAD décide de garder sa porte fermée, le LETP se retrouve dans l’impossibilité d’accéder à la pelouse, malgré son importance pour les cours d’éducation physique et sportive. Cette situation est jugée incompréhensible par les enseignants, qui dénoncent le fait qu’un centre de 200 élèves puisse bloquer l’accès à un établissement de 5000 élèves.
Privation pour les populations locales
Le terrain servait également de lieu de sport et de loisirs pour les habitants du quartier les week-ends. Désormais, l’accès est restreint, ce qui prive les jeunes et les familles d’un espace de détente et de pratique sportive. Les enseignants, qui avaient l’habitude de s’entraîner sur la pelouse le week-end, se voient imposer une redevance de 100 000 FCFA chaque 2 heures par l’IFAD pour obtenir l’autorisation d’utiliser le terrain. Or, ces équipes ne sont pas professionnelles : il s’agit simplement de professeurs qui cherchent à se relaxer après une semaine de cours.

Un conflit révélateur de tensions foncières
Le LETP, construit sur une superficie de 40 hectares, a déjà été victime de prédations foncières, avec la perte de plusieurs hectares au profit de projets immobiliers. L’actuel différend avec l’IFAD illustre une nouvelle fois la fragilité de son patrimoine et la difficulté à préserver ses infrastructures sportives.
La presse locale a déjà dénoncé l’état précaire des installations sportives du LETP et les tensions avec l’IFAD, ce qui avait conduit à des réaménagements de la pelouse par le centre de formation. Les enseignants et élèves réclament un accès libre et équitable à la pelouse, considérée comme un bien commun. Le conflit met en lumière la nécessité d’une médiation entre les deux institutions pour garantir le droit au sport et à la détente, non seulement pour les élèves, mais aussi pour les populations environnantes.
Le bras de fer entre l’IFAD et le LETP dépasse la simple question d’une porte : il révèle un enjeu de gouvernance et de partage des infrastructures scolaires et sportives au Togo. Alors que l’IFAD défend son autonomie, le LETP et les habitants du quartier dénoncent une privation injuste d’un espace vital. La résolution de ce conflit est urgente pour préserver le droit au sport et à l’éducation physique de milliers de jeunes togolais.





