UEMOA : la Côte d’Ivoire et le Sénégal confirment leur domination des exportations au 4e trimestre 2025

Le dernier rapport sur la politique monétaire de la BCEAO, publié mi-mars 2026, confirme une tendance déjà bien ancrée : la Côte d’Ivoire et le Sénégal dominent les exportations au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).

Au quatrième trimestre 2025 : La Côte d’Ivoire a représenté 35,8 % des exportations totales de l’Union. Le Sénégal a réalisé 19,5 %.

À eux seuls, ces deux pays cumulent 55,3 % des exportations des huit États membres, confirmant leur rôle de moteurs économiques régionaux.

Cette suprématie n’est pas nouvelle. Déjà, selon un rapport publié en février 2024 par Ecofin Pro, la Côte d’Ivoire et le Sénégal avaient conservé le leadership des exportations entre 2017 et 2021. Leur poids économique repose sur :

La diversification des produits exportés (cacao, pétrole, produits halieutiques, phosphates, etc.). Des infrastructures portuaires et logistiques plus performantes que celles de plusieurs autres pays de l’Union. Une politique de réformes communautaires soutenue, qui renforce leur compétitivité.

Les deux pays se distinguent également par leur taux élevé de mise en œuvre des réformes communautaires de l’UEMOA :

Sénégal : 77,5 % en 2023, contre 74,5 % en 2022.

Côte d’Ivoire : 87,78 % en 2024, contre 85,45 % en 2023.

Ces performances traduisent une volonté politique de s’aligner sur les standards régionaux, favorisant l’intégration économique et la fluidité des échanges.

La domination de ces deux économies pose plusieurs enjeux : La dépendance de l’Union vis-à-vis de deux pays peut fragiliser l’équilibre régional, leur dynamisme peut stimuler les autres membres, à condition que les réformes et investissements soient partagés, un déséquilibre trop marqué pourrait accentuer les disparités économiques au sein de l’UEMOA.

En définitive, la Côte d’Ivoire et le Sénégal apparaissent comme les piliers économiques de l’UEMOA, capables de tirer l’Union vers une meilleure intégration régionale. Mais cette domination appelle à une réflexion sur la nécessité de renforcer les capacités exportatrices des autres États membres, afin d’éviter une trop forte dépendance et de garantir une croissance plus équilibrée.

Komla AKPANRI
Komla AKPANRI

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