Xinjiang : l’aquaculture transforme le désert en mer intérieure, la Chine atteint près de 200 000 tonnes de poissons

Dans le désert aride du Xinjiang, une révolution silencieuse est en marche. Grâce à l’installation de vastes bassins d’aquaculture, la Chine a réussi à transformer une région historiquement marquée par la sécheresse en un pôle de production halieutique. Selon les données relayées par Media-Afrique, la production annuelle atteint désormais près de 196 500 tonnes de poissons, avec un taux de survie exceptionnel de 99 % et un recyclage de plus de 90 % de l’eau utilisée.

Cette performance illustre la stratégie chinoise d’optimisation des ressources hydriques dans les zones désertiques, combinant innovation technologique et impératifs de sécurité alimentaire. Les bassins reposent sur des systèmes de recirculation aquacole (RAS), qui permettent de limiter la consommation d’eau tout en maintenant une qualité optimale pour les espèces élevées.

Le Xinjiang, longtemps perçu comme une périphérie agricole marginale, devient ainsi un laboratoire grandeur nature de la politique chinoise visant à diversifier ses sources de protéines animales. Cette orientation répond à plusieurs enjeux :

  • Sécurité alimentaire nationale : réduire la dépendance aux importations de produits halieutiques.
  • Valorisation des zones arides : transformer des espaces désertiques en pôles productifs.
  • Innovation écologique : promouvoir une aquaculture durable grâce au recyclage de l’eau et à la maîtrise des conditions de vie des poissons.

Au-delà des chiffres impressionnants, cette réussite soulève des interrogations sur la durabilité à long terme de tels projets dans des environnements fragiles. Les experts en environnement rappellent que l’équilibre entre productivité et préservation des écosystèmes locaux doit rester une priorité.

En définitive, l’expérience du Xinjiang illustre la capacité de la Chine à mobiliser la technologie pour répondre à ses besoins alimentaires, tout en redéfinissant les usages possibles des territoires désertiques. Si ce modèle venait à être reproduit dans d’autres régions arides du monde, il pourrait ouvrir la voie à une nouvelle ère de production aquacole hors des zones côtières traditionnelles.

Komla AKPANRI
Komla AKPANRI

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