Zimbabwe : Mnangagwa rejette l’aide américaine de 367 millions, invoquant la souveraineté nationale

Le Zimbabwe vient de poser un acte politique fort en refusant un financement de 367 millions de dollars proposé par les États-Unis pour son secteur de la santé. L’accord, négocié dans le cadre de la stratégie “America First” de l’administration Trump, prévoyait un soutien massif aux programmes de lutte contre le VIH/SIDA, la tuberculose, le paludisme, ainsi qu’à la santé maternelle et à la préparation aux épidémies. Washington le présentait comme le plus grand investissement sanitaire jamais offert à Harare.

Les conditions jugées inacceptables
Selon les autorités zimbabwéennes, les clauses de l’accord imposaient un accès direct des agences américaines aux données sanitaires nationales (échantillons pathologiques, informations épidémiologiques), mais aussi aux ressources minières stratégiques du pays. Le président Emmerson Mnangagwa a personnellement ordonné le rejet, estimant que ces conditions portaient atteinte à la souveraineté et au respect mutuel.

1,2 million de Zimbabwéens sous traitement antirétroviral risquent de perdre leur principal bailleur de fonds. L’ambassade américaine à Harare a confirmé le démantèlement progressif de l’aide sanitaire déjà en place. Le Zimbabwe se retrouve isolé, alors que 16 pays africains ont signé des accords similaires avec Washington. Le Kenya, de son côté, a suspendu le sien.


Le Africa CDC (Centre africain de contrôle et de prévention des maladies) a exprimé de vives inquiétudes concernant le partage des données biologiques et des agents pathogènes dans ce type d’accords. L’institution redoute une instrumentalisation des systèmes de santé africains au profit de puissances étrangères.

Une décision politique lourde
En refusant cette aide, Mnangagwa envoie un signal clair : le Zimbabwe préfère préserver son contrôle national sur ses données et ses ressources, quitte à sacrifier un financement vital pour son système de santé. Cette décision pourrait renforcer son image de défenseur de la souveraineté africaine, mais elle expose aussi le pays à une crise sanitaire majeure.

Ce bras de fer illustre la tension croissante entre les impératifs de santé publique et les enjeux géopolitiques. La question reste ouverte : le Zimbabwe trouvera-t-il des partenaires alternatifs pour combler ce vide financier, ou devra-t-il assumer seul les conséquences de ce refus?

Komla AKPANRI
Komla AKPANRI

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