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À Zintango, petit hameau situé dans la commune de Cinkansé 1, la frontière entre le Togo et le Burkina Faso n’est qu’un symbole. Deux briques plantées dans le sol marquent officiellement la séparation des deux États, mais pour les habitants, cette démarcation n’a aucune valeur dans leur quotidien.
Ici, une simple rigole sert de limite territoriale. Pourtant, les familles vivent de part et d’autre comme si elles appartenaient à un même pays. Les mariages, les fêtes, les marchés et les solidarités dépassent largement la ligne frontalière. Comme le disent les villageois : « Ce sont les mêmes familles qui y vivent de part et d’autres des frontières. »
Une frontière administrative, pas humaine
- Vie sociale partagée : Les habitants se considèrent comme une seule communauté. Les liens de sang et d’amitié effacent toute notion de séparation.
- Économie commune : Les échanges commerciaux se font librement, sans que la frontière ne soit un obstacle.
- Culture unifiée : Les traditions, les langues et les coutumes sont identiques, renforçant l’idée que la frontière est artificielle.
Zintango illustre parfaitement la réalité des frontières africaines héritées de la colonisation : tracées arbitrairement, elles ne reflètent pas les liens historiques et humains entre les peuples. Ce village est un exemple vivant de l’unité et de la fraternité entre Togolais et Burkinabè.
Dans un contexte où les États cherchent à renforcer la CEDEAO et à promouvoir la libre circulation, Zintango rappelle que l’intégration ne se décrète pas seulement par des traités, mais qu’elle existe déjà dans la vie quotidienne des populations.
Zintango est plus qu’un village frontalier : c’est un symbole d’unité et de fraternité. Là où les cartes parlent de séparation, les habitants démontrent que la solidarité et les liens familiaux sont plus forts que les frontières.





