Échec géopolitique : Washington face à l’impossibilité d’attaquer l’Iran sans ses alliés du Golfe

Les États-Unis se retrouvent dans une impasse stratégique : privés de l’appui de leurs alliés régionaux, toute frappe contre l’Iran devrait s’appuyer sur des moyens navals ou aériens à longue portée, exposant Washington à une riposte iranienne et à un isolement diplomatique accru.

Depuis plusieurs mois, les partenaires traditionnels des États-Unis dans le Golfe – Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, Koweït, Irak, Jordanie et Oman – ont fait savoir qu’ils ne souhaitaient pas être associés à une éventuelle opération armée contre l’Iran. Ils refusent explicitement l’utilisation de leur territoire, de leur espace aérien ou de leurs eaux territoriales pour une attaque américaine La Nouvelle Tribune. Cette position ferme prive Washington de relais stratégiques essentiels et rend toute offensive terrestre ou aérienne depuis la région quasi impossible.

Privés de bases régionales, les États-Unis disposent de deux alternatives. La première consiste à recourir à la flotte navale et aérienne déployée en mer d’Arabie. Le porte-avions USS Abraham Lincoln, accompagné de plusieurs destroyers, est déjà positionné dans la zone. Ce dispositif permet de lancer des F-35C armés de missiles JASSM-ER, mais leur portée (environ 925 km) reste limitée face aux défenses iraniennes Radio Télévision Suisse. L’Iran, de son côté, dispose de missiles antinavires Ghadr-380 (portée supérieure à 1 000 km) et de drones longue portée capables de frapper jusqu’à 4 000 km, ce qui expose directement les bâtiments américains MSN.

La seconde option serait d’ignorer les protestations des alliés et d’utiliser leurs territoires malgré tout. Une telle décision minerait la confiance des partenaires du Golfe et pourrait déclencher une rupture diplomatique durable. Elle risquerait également une escalade régionale, notamment la fermeture du détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial Le Jeune Indépendant.

Contrairement au modèle libyen de 2011, consistant à soutenir des mouvements de contestation par des frappes aériennes, l’Iran a démontré sa capacité à réprimer violemment les manifestations internes. Une intervention américaine ne provoquerait pas un effondrement du régime mais garantirait une riposte militaire et diplomatique dévastatrice. Les analystes estiment qu’une attaque américaine limitée contre l’Iran est possible, mais que Téhéran conserverait des capacités de riposte significatives RFI.

Les États-Unis sont donc stratégiquement encerclés : sans l’appui de leurs alliés régionaux, une frappe contre l’Iran serait soit militairement risquée, soit diplomatiquement suicidaire. Washington se retrouve dans une situation d’échec et mat, où toute option offensive comporte des coûts supérieurs aux bénéfices attendus.

Komla AKPANRI
Komla AKPANRI

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