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Le Ghana, premier producteur d’or en Afrique, vient de franchir une étape majeure dans sa stratégie de souveraineté économique. Dans la lignée du Burkina Faso, le pays a annoncé la transformation locale de son or, avec la présentation des premiers lingots issus de la raffinerie nationale Gold Coast.
Cette initiative s’inscrit dans une vision de valorisation des ressources naturelles sur place, afin de réduire la dépendance aux exportations brutes et de maximiser les retombées économiques internes. Le Ghana dispose désormais de quatre raffineries d’or opérationnelles, consolidant sa position de leader continental dans le secteur aurifère.
La décision de raffiner l’or localement répond à une logique de souveraineté : maîtriser la chaîne de valeur, créer des emplois qualifiés et renforcer les recettes fiscales. Elle s’inscrit également dans un contexte régional où plusieurs États cherchent à transformer leurs matières premières avant exportation, afin de mieux contrôler les bénéfices liés à leurs ressources.
À ce jour, le Mali et le Burkina Faso restent en retrait sur ce plan. Le Mali dispose de deux raffineries privées – Marena Gold et Kankou Moussa – mais ne possède pas encore une raffinerie nationale opérationnelle. Quant au Burkina Faso, il n’a pas encore franchi cette étape stratégique, malgré sa volonté affichée de suivre la même trajectoire que le Ghana.
Pour les analystes, l’exemple ghanéen illustre une tendance lourde : l’Afrique de l’Ouest veut désormais transformer ses richesses sur place et réduire la fuite de valeur ajoutée vers les marchés internationaux. En affichant ses premiers lingots raffinés localement, le Ghana envoie un signal fort : celui d’un pays qui entend faire de ses ressources un levier de développement durable et de puissance économique.
Cette dynamique pourrait inspirer ses voisins, notamment le Mali et le Burkina Faso, à accélérer leurs projets de raffineries nationales. Car au-delà de la production, c’est bien la maîtrise de la transformation qui conditionne la souveraineté économique et la capacité des États à tirer pleinement profit de leurs ressources minières.





