0076/HAAC/01-2023/pl/P
Vendredi, le ministre ukrainien des Affaires étrangères a salué la création du tribunal spécial chargé de juger le crime d’agression contre l’Ukraine, présenté comme « le point de non-retour » dans la quête de justice internationale. Trente-six pays ont officiellement rejoint cette initiative visant à traduire Vladimir Poutine devant une juridiction internationale. Pourtant, cette démarche soulève une question fondamentale : celle du deux poids deux mesures dans l’application du droit international.
Car si l’agression russe en Ukraine mobilise une coalition judiciaire, d’autres crimes présumés restent sans suite. Benjamin Netanyahu, accusé par de nombreux observateurs et ONG de mener une politique assimilée à un génocide contre les Palestiniens, continue de bénéficier d’une impunité quasi totale. Ses offensives militaires, ses attaques contre Gaza et ses incursions dans les pays voisins n’ont jamais donné lieu à la mise en place d’un tribunal international spécifique.
De même, Donald Trump, qui a ordonné des frappes en Iran ayant causé des milliers de morts, n’a jamais été inquiété par une quelconque juridiction internationale. Ces actions, qualifiées par certains experts de violations flagrantes du droit international, n’ont pas suscité la même mobilisation que celle observée contre Moscou.
Cette asymétrie révèle une hypocrisie persistante dans la gouvernance mondiale : la justice internationale semble s’activer uniquement lorsque les intérêts des grandes puissances occidentales sont en jeu. Les victimes palestiniennes ou iraniennes, elles, restent invisibles dans les mécanismes de sanction.
Le tribunal contre Poutine est certes un pas important vers la responsabilisation des dirigeants, mais il met en lumière l’absence de cohérence et d’universalité dans l’application du droit. Tant que Netanyahu et Trump ne seront pas poursuivis pour leurs propres crimes présumés, l’idée d’une justice internationale impartiale restera une illusion.





