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Depuis l’apparition des armes nucléaires en 1945, la question de savoir s’il est possible de gagner une guerre nucléaire hante les stratèges et les scientifiques. Sur le papier, certaines grandes puissances disposent d’arsenaux capables d’anéantir leurs adversaires. Mais dans la réalité, la plupart des experts s’accordent à dire qu’un conflit nucléaire à grande échelle n’aurait aucun véritable vainqueur.
Les États-Unis, la Russie et la Chine possèdent chacun des centaines, voire des milliers d’ogives nucléaires, dont certaines peuvent détruire une métropole en quelques secondes. Une guerre impliquant ces arsenaux provoquerait des pertes humaines et matérielles sans précédent. Le concept de « destruction mutuelle assurée » (Mutual Assured Destruction, ou MAD) résume cette impasse : même après une première frappe, la puissance attaquée conserverait assez d’armes pour riposter, condamnant les deux camps à une annihilation réciproque.
Les États-Unis et la Russie, par exemple, disposent de missiles intercontinentaux, de bombardiers stratégiques et de sous-marins nucléaires capables de lancer une contre-attaque même après une attaque initiale. Cette capacité de riposte rend toute idée de victoire totale illusoire.
Au-delà des destructions immédiates, les conséquences planétaires seraient catastrophiques : villes rasées, infrastructures vitales détruites, effondrement économique mondial et millions de morts en quelques heures. Les scientifiques redoutent également un « hiver nucléaire », provoqué par les fumées et les particules projetées dans l’atmosphère, réduisant la lumière solaire et entraînant des famines globales.
Pour autant, les armes nucléaires conservent un rôle stratégique : la dissuasion. Depuis la Seconde Guerre mondiale, la peur d’une destruction réciproque a probablement évité un affrontement direct entre grandes puissances. Les États nucléaires investissent donc massivement dans leurs systèmes de défense et de riposte, non pour mener une guerre, mais pour convaincre l’ennemi qu’une attaque serait suicidaire.
Aujourd’hui, les spécialistes admettent qu’une guerre nucléaire limitée pourrait produire un vainqueur militaire temporaire. Mais dans le cas d’un conflit majeur entre puissances nucléaires, les pertes humaines, économiques et environnementales seraient telles qu’il serait impossible de parler de victoire.
La véritable question n’est donc pas de savoir qui gagnerait, mais combien l’humanité perdrait si une telle guerre éclatait.
(Sources : Bulletin of the Atomic Scientists, SIPRI, U.S. Department of Defense, Le Monde, BBC Science Focus – juin 2026)





