RDC : polémique après la déchirure publique de la Constitution par le maire de Tshikapa

Le maire de Tshikapa, Faustin Lumuluabu, a déchiré publiquement une copie de la Constitution de la RDC lors d’un meeting le 29 juin 2026, provoquant une onde de choc politique. L’Assemblée provinciale du Kasaï a immédiatement demandé sa suspension, et le gouvernement central a ordonné une mesure conservatoire assortie d’une procédure disciplinaire.

Réunie en plénière, elle a adopté à l’unanimité une recommandation demandant au gouverneur de suspendre le maire. Le vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemin Shabani, a ordonné la suspension préventive de Lumuluabu et l’ouverture d’une procédure disciplinaire pour faute grave. L’intérim est assuré par le maire adjoint. Plusieurs voix dénoncent une atteinte symbolique à la loi fondamentale, considérée comme le socle de l’État de droit.

Porté par le président Félix Tshisekedi, il est contesté par l’opposition et une partie de la société civile. L’opposition appelle à manifester le 8 juillet à Kinshasa pour exiger la démission du président et dénoncer toute tentative de modification de la Constitution. La dégradation publique de la Constitution par un représentant de l’État est jugée d’une gravité institutionnelle rare, susceptible d’alimenter les tensions politiques déjà vives.

Cet acte spectaculaire illustre la polarisation extrême autour du débat constitutionnel en RDC. Qu’il soit perçu comme une provocation politique ou une démonstration symbolique, il met en lumière la fragilité institutionnelle et la difficulté de maintenir un débat démocratique serein. La suspension du maire de Tshikapa marque une volonté des autorités de rappeler la primauté de la Constitution, mais elle risque aussi d’exacerber les tensions entre partisans du pouvoir et opposants.

L’affaire Lumuluabu est à la fois un geste politique radical et une crise institutionnelle. Elle relance le débat sur le respect des institutions et pourrait avoir des conséquences judiciaires pour son auteur, tout en accentuant la polarisation nationale autour du projet de révision constitutionnelle.

Komla AKPANRI
Komla AKPANRI

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *