5 juillet 1884 – 5 juillet 2026 : 142 ans du traité de Baguida et de la colonisation allemande du Togo

Le 5 juillet 1884 marque l’acte fondateur de la colonisation allemande du Togo : Gustav Nachtigal, commissaire impérial, signe à Togoville un traité de protectorat avec le roi Mlapa III, après avoir débarqué sur la plage de Baguida. Cet événement, commémoré 142 ans plus tard, reste une date charnière dans l’histoire nationale.

Certains historiens questionnent la réalité et la portée de ce traité : fut-il véritablement signé avec Mlapa III lui-même ou avec un représentant ? Le contexte est marqué par la Conférence de Berlin (1884-1885), où les puissances européennes se partagent l’Afrique. Le traité de Baguida/Togoville est l’un des premiers jalons de ce processus. La présence allemande sur la côte togolaise était déjà ancienne : commerçants de Hambourg et Brême impliqués dans la traite négrière dès le XVIIe siècle, puis missionnaires de Brême installés au XIXe siècle.

Le protectorat devient une colonie allemande administrée directement par Berlin. Les Allemands développent des routes, des écoles et des plantations, mais dans une logique d’exploitation coloniale. Une stèle à Baguida rappelle l’accueil réservé à la délégation allemande par deux femmes locales, symbole de ce moment fondateur.

Le 5 juillet 1884, sur la plage de Baguida, Gustav Nachtigal, commissaire impérial allemand, scelle par un traité de protectorat (Schutzgebiet) l’entrée du Togo dans l’orbite coloniale de l’Empire allemand. Cet acte, signé avec le roi Mlapa III de Togoville, marque la naissance du “Togoland”, première colonie allemande en Afrique de l’Ouest. Si la mémoire officielle retient cette date comme fondatrice, les historiens rappellent que la présence allemande sur la côte togolaise était déjà ancienne, nourrie par le commerce transatlantique et l’action des missionnaires de Brême.

La signature du traité intervient dans le contexte de la Conférence de Berlin (1884-1885), où les puissances européennes se partagent l’Afrique. Pour Berlin, il s’agit d’affirmer une souveraineté sur un territoire stratégique, sans que les populations locales aient sollicité cette “protection”. Le rôle exact de Mlapa III reste discuté : certains chercheurs s’interrogent sur la nature de son consentement et sur la légitimité de l’acte.

142 ans plus tard, la stèle de Baguida et les commémorations rappellent l’importance de transmettre cette mémoire aux jeunes générations. Le traité de 1884 ne fut pas seulement un document diplomatique : il inaugura une ère de domination coloniale, d’exploitation économique et de bouleversements sociaux dont les traces marquent encore le Togo contemporain.

Komla AKPANRI
Komla AKPANRI

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