RDC : Goma se soulève contre un éventuel changement de Constitution et les sanctions internationales

À Goma, ce mardi 28 juillet 2026, une marche de protestation a paralysé la ville. Les manifestants dénoncent un éventuel changement de Constitution en RDC, les sanctions imposées par les États-Unis, l’Union européenne et le Conseil de sécurité de l’ONU contre l’AFC/M23, ainsi que l’insécurité persistante dans les zones sous contrôle de Kinshasa.

Les plateformes de la société civile plurielle et Forces vives du Nord-Kivu, avec une forte implication des autorités locales et des zones sous le contrôle de l’AFC/M23, sont dans la rue ce matin pour protester contre le projet de révision de la Constitution congolaise, contester les sanctions internationales visant Corneille Nangaa (coordonnateur de l’AFC) et plusieurs responsables du M23, dénoncer l’insécurité et les massacres attribués aux ADF dans l’est du pays.

Entre 7 h et 11 h locales, les activités socioéconomiques ont été fortement perturbées. Les boutiques, marchés et commerces sont restés fermés et le transport en commun a été paralysé. La marche est partie de la Tribune de l’ONC pour rejoindre le quartier général de la MONUSCO, où un mémorandum a été remis aux représentants onusiens. Bien que présentée comme pacifique, plusieurs habitants ont dénoncé une mobilisation contraignante, certains affirmant avoir été empêchés de poursuivre leurs activités professionnelles.

Le 14 juillet 2026, le Conseil de sécurité de l’ONU a élargi sa liste de sanctions, ajoutant Corneille Nangaa et cinq autres responsables de groupes armés. Les États-Unis et l’Union européenne avaient déjà pris des mesures similaires. Plusieurs observateurs estiment que la marche dépasse la simple contestation des sanctions et qu’elle pourrait servir des intérêts politiques liés au contrôle territorial de l’AFC/M23. La population de Goma subit une pression fiscale jugée excessive dans les zones sous contrôle du M23, ainsi qu’une recrudescence de la criminalité

Cette marche illustre la complexité de la situation au Nord-Kivu : entre contestation des sanctions internationales, rejet d’un éventuel changement constitutionnel et dénonciation de l’insécurité chronique. Elle révèle aussi la fragilité de l’équilibre politique et social dans une région où la société civile est mobilisée, mais où les habitants dénoncent une instrumentalisation et des contraintes pesant sur leur quotidien.

Komla AKPANRI
Komla AKPANRI

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