0076/HAAC/01-2023/pl/P
L’Ouganda a promulgué en mai 2023 une loi anti-homosexualité parmi les plus sévères au monde, prévoyant la prison à perpétuité pour les relations homosexuelles et la peine de mort dans les cas dits « aggravés ». Cette décision, défendue par le président Yoweri Museveni au nom des « valeurs culturelles », a suscité une indignation internationale et des inquiétudes majeures en matière de santé publique.
Contenu principal :
Prison à vie pour les relations homosexuelles.
Peine de mort pour « homosexualité aggravée » (mineurs, personnes séropositives, situations de contrainte).
Jusqu’à 20 ans de prison pour la « promotion » de l’homosexualité. Le président Museveni et les parlementaires invoquent la défense des valeurs africaines et la souveraineté nationale.
Une partie de la population et des leaders religieux ont salué la loi comme une protection des « traditions ». Des ONG locales, comme le Human Rights Awareness and Promotion Forum (HRAPF), ont saisi la Haute Cour, estimant que la loi viole la Constitution ougandaise (égalité et non-discrimination).
Volker Türk, Haut-Commissaire aux droits de l’homme, a qualifié la loi de « draconienne et discriminatoire », probablement la pire au monde en son genre. Le président Joe Biden a dénoncé une « atteinte tragique » aux droits humains et annoncé une révision de la coopération bilatérale, y compris l’aide et les investissements. Josep Borrell a parlé d’une loi « déplorable », évoquant des relations compromises avec Kampala. Le gouvernement britannique s’est dit « consterné » par une législation « profondément discriminatoire ».
Les organismes internationaux alertent sur un risque majeur : la peur de représailles pourrait éloigner les personnes vulnérables des services de santé, compromettant la lutte contre le VIH. Les ONG locales signalent une hausse des agressions et arrestations contre les personnes LGBT depuis le débat parlementaire. Les défenseurs des droits humains subissent des intimidations et des arrestations, réduisant les espaces de soutien.
Cette loi illustre la fracture entre souveraineté nationale et normes internationales. Si le gouvernement ougandais invoque la protection des valeurs culturelles, les critiques soulignent une atteinte grave aux droits fondamentaux et un danger pour la santé publique. Elle place l’Ouganda au cœur d’un débat mondial sur la compatibilité entre traditions locales et droits humains universels.





