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Les groupes terroristes considèrent souvent les défections comme une trahison : ceux qui déposent les armes deviennent des cibles, exposés à la vengeance de leurs anciens camarades et à la méfiance des communautés. Les expériences en Somalie, au Soudan et ailleurs montrent que la réintégration des ex-combattants est un processus fragile, marqué par des menaces internes et des résistances sociales.
Dans les dynamiques des groupes armés désignés comme terroristes, la défection est rarement tolérée. Renoncer à la lutte armée signifie souvent devenir un ennemi à abattre. Les témoignages recueillis en Afrique de l’Est et au Soudan illustrent cette logique implacable.
En Somalie, des milliers de jeunes enrôlés par Al-Shabaab ont tenté de fuir. Certains, comme Khadija, ont vendu leur arme pour rentrer chez eux. Mais loin d’être accueillis, ils se heurtent à la méfiance de leurs familles et au rejet des communautés. Le programme officiel de réhabilitation lancé en 2012 a permis à environ 3 000 personnes de bénéficier d’un encadrement, mais beaucoup restent exposés à la stigmatisation et aux représailles.
Au Soudan, les défections de commandants du groupe paramilitaire RSF vers l’armée régulière ont suscité la colère et l’indignation. Les victimes des atrocités commises au Darfour dénoncent une impunité flagrante : voir leurs anciens bourreaux célébrés en uniforme militaire est vécu comme une provocation. Les appels à la justice se heurtent à des calculs politiques, tandis que les ex-paramilitaires restent menacés par leurs anciens frères d’armes.
À l’échelle internationale, les programmes de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR) montrent que la sortie de la violence exige plus qu’un simple abandon des armes. Les Nations Unies et divers États ont constaté que sans garanties de sécurité et sans perspectives économiques, les ex-combattants demeurent vulnérables aux représailles et aux rechutes. Les groupes terroristes, de Boko Haram à l’État islamique, considèrent les déserteurs comme des traîtres, ce qui alimente un cycle de menaces et d’exécutions internes.
Les déserteurs sont ciblés par leurs anciens groupes, qui veulent dissuader toute fuite, ce qui fait que les communautés hésitent à accueillir des individus associés à des violences, ce qui fragilise leur réintégration. Les défections peuvent être exploitées politiquement, mais elles posent la question de la responsabilité des crimes passés. Les autorités doivent mettre en place un programme DDR : l’accompagnement psychologique, la formation professionnelle et les garanties de sécurité sont essentiels pour briser le cycle.
Quitter un groupe terroriste ne signifie pas automatiquement retrouver la paix. Les ex-combattants se retrouvent pris entre la vengeance de leurs anciens camarades et la méfiance de leurs communautés. La réussite des programmes de réintégration dépend de la capacité des États et des sociétés à offrir protection, justice et perspectives de vie.





