0076/HAAC/01-2023/pl/P
La Cour de cassation de la République démocratique du Congo a rendu, ce 18 septembre 2026, un verdict lourd de conséquences pour l’ancien ministre de la Justice Constant Mutamba. Dans le cadre de l’affaire du Frivao, un fonds destiné à indemniser les victimes des exactions ougandaises, il a été condamné à dix ans de travaux forcés. Son co‑accusé, Chançard Bolukola, écope de sept ans.
Au‑delà de la peine privative de liberté, la Cour a prononcé ce qui est qualifié de « mort politique » pour Mutamba : privation des droits civiques pendant cinq ans, interdiction d’exercer toute fonction publique, sans possibilité de réhabilitation ni de libération conditionnelle. Les deux hommes devront en outre rembourser 14 millions de dollars au Frivao et verser 300 000 dollars de dommages et intérêts.
Déjà condamné en 2025, Constant Mutamba a explosé en plein procès, dénonçant une « mafia » avant de quitter la salle d’audience. Cette nouvelle condamnation intervient dans un contexte politique tendu, marqué par l’offensive du président Félix Tshisekedi, engagé dans une bataille controversée pour un troisième mandat.
Ce verdict illustre la sévérité de la justice congolaise dans les affaires de détournement de fonds publics, mais il soulève également des interrogations sur les enjeux politiques sous‑jacents. Pour certains observateurs, la chute de Mutamba symbolise la volonté du pouvoir de neutraliser des figures montantes, tandis que d’autres y voient une sanction légitime contre la corruption.





