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À 17 ans, Matou Diallo raconte à Brut son ignorance face à la sexualité et la grossesse, un témoignage qui met en lumière les lacunes criantes de l’éducation sexuelle en Afrique. Son récit illustre les risques des grossesses précoces et l’importance d’une meilleure information pour les jeunes.
À seulement 17 ans, Matou Diallo découvre brutalement la réalité de la maternité. « Je ne savais pas que pour faire un enfant, il fallait juste coucher ensemble », confie-t-elle dans un témoignage recueilli par Brut. Issue d’un environnement où la sexualité est rarement abordée, elle tombe enceinte sans comprendre pleinement les mécanismes de la reproduction. Sans soutien familial, elle traverse seule cette épreuve, qui heureusement se termine sans drame médical.
Le cas de Matou n’est pas isolé. En Côte d’Ivoire, plus de 4 600 grossesses en milieu scolaire ont été enregistrées en 2024 chez des adolescentes de 12 à 18 ans, entraînant souvent déscolarisation et précarité. Des initiatives locales comme l’ONG Pro Kids offrent une seconde chance à ces jeunes filles en les formant à des métiers pour reconstruire leur avenir.
Au Togo, près de 18 % des adolescentes de 15 à 19 ans ont déjà commencé leur vie reproductive, selon l’EDST III (2017). Ce chiffre traduit un déficit d’accès à la contraception et à l’éducation sexuelle adaptée.
Selon l’UNESCO, seulement 37 % des jeunes en Afrique subsaharienne savent comment se transmet le VIH et comment le prévenir. Deux filles sur trois n’ont pas les connaissances nécessaires au moment de la puberté. Les programmes d’éducation complète à la sexualité (ECS), comme « Nos droits, Nos vies, Notre avenir », visent à combler ces lacunes en fournissant aux adolescents des informations fiables sur la contraception, le consentement et la santé reproductive.
Les risques des grossesses précoces.
Abandon scolaire : beaucoup de jeunes filles quittent l’école après une grossesse.
Précarité économique : sans formation ni emploi, elles peinent à subvenir aux besoins de leur enfant.
Santé fragilisée : les grossesses adolescentes comportent des risques accrus de complications médicales.
Le témoignage de Matou Diallo rappelle l’urgence de briser les tabous autour de la sexualité. Les experts plaident pour :
Éducation sexuelle complète dès le collège.
Accès aux services de santé reproductive adaptés aux jeunes.
Soutien psychosocial pour les adolescentes enceintes rejetées par leur famille.
L’histoire de Matou est un miroir des réalités vécues par des milliers de jeunes filles en Afrique. Elle souligne que l’ignorance n’est pas une fatalité, mais un appel à renforcer l’éducation et la protection des adolescentes.





