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Pendant les heures les plus sombres de l’histoire sud-africaine, lorsque l’apartheid écrasait des millions de vies, l’Afrique entière s’était levée. Des voix s’étaient élevées de Dakar à Lomé, de Lagos à Kinshasa, pour dénoncer l’injustice et soutenir le peuple sud-africain. Cette solidarité n’était pas un simple geste diplomatique : elle incarnait la conviction profonde que la souffrance d’un peuple noir concernait toute l’Afrique, que la liberté de l’un ne pouvait être dissociée de celle des autres.
Aujourd’hui, voir des Africains noirs victimes de violences, de pillages et de rejet sur cette même terre est une blessure morale et une incompréhension profonde. Comment un pays qui a bénéficié de la fraternité africaine dans ses moments les plus difficiles peut-il tolérer que des étrangers, pourtant frères de couleur et de destin, soient humiliés et persécutés ?
On ne devrait jamais oublier d’où l’on vient, ni ceux qui ont été présents dans les heures de lutte. L’Afrique du Sud doit se souvenir que son combat contre l’apartheid fut aussi celui de tout un continent. La mémoire de cette solidarité devrait être un rempart contre la haine et un appel à l’unité.
Entre Africains, la violence et le rejet ne devraient jamais remplacer la fraternité, le respect et l’unité. Car ce qui est en jeu, ce n’est pas seulement l’image d’un pays, mais la crédibilité de l’idéal panafricain. L’histoire nous rappelle que nous avons vaincu ensemble l’injustice. L’avenir exige que nous bâtissions ensemble la paix et la dignité.




