Afrique du Sud : la croisade anti-immigration de Jacinta Ngobese-Zuma dénoncée comme une dérive xénophobe

La fondatrice du mouvement sud-africain March & March, Jacinta Ngobese-Zuma, revendique avoir poussé plus de 160 000 migrants à quitter l’Afrique du Sud. Elle présente cette campagne comme une victoire nationale, citant la fermeture de commerces détenus par des étrangers et le départ massif de travailleurs migrants.

Une campagne controversée
Ngobese-Zuma affirme que son mouvement a permis de “redonner l’Afrique du Sud aux Sud-Africains”. Ses partisans saluent une initiative qui, selon eux, protège l’emploi local et réduit la concurrence économique.

Mais derrière ce discours triomphaliste, les témoignages recueillis par des ONG dressent un tableau bien plus sombre : violences, pillages, expulsions forcées et harcèlement ciblé contre des communautés étrangères.

Condamnations internationales
Les organisations de défense des droits humains dénoncent une montée alarmante de la xénophobie. L’ONU et l’Union africaine ont condamné ces pratiques, rappelant que les migrants contribuent à l’économie sud-africaine et que leur sécurité doit être garantie.

Selon Human Rights Watch, plusieurs incidents liés à la campagne March & March ont entraîné des pertes matérielles considérables et des traumatismes psychologiques pour les familles visées. Amnesty International parle d’une “spirale de haine” qui fragilise la cohésion sociale.

L’Afrique du Sud, confrontée à un chômage élevé et à des tensions sociales persistantes, voit régulièrement émerger des mouvements hostiles aux étrangers. Les autorités sud-africaines, elles, se retrouvent sous pression : entre la nécessité de répondre aux inquiétudes de la population et l’obligation de respecter les engagements internationaux en matière de droits humains.

La campagne de Jacinta Ngobese-Zuma illustre les fractures profondes de la société sud-africaine. Elle pose une question cruciale : comment concilier la gestion des flux migratoires avec la lutte contre la xénophobie et la protection des droits fondamentaux ?

Komla AKPANRI
Komla AKPANRI

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