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Le président ghanéen John Dramani Mahama a annoncé, le 21 mars 2026, une mesure historique : la distribution gratuite des engrais aux agriculteurs pour toute la campagne agricole. Cette décision met fin au système de subventions partielles et engage désormais l’État à prendre en charge l’intégralité du coût des intrants.
L’objectif est clair : stimuler la production nationale, accroître les superficies cultivées et renforcer l’utilisation des engrais afin de soutenir la sécurité alimentaire et d’améliorer les revenus des producteurs. En supprimant la barrière financière, le gouvernement espère dynamiser un secteur stratégique pour l’économie ghanéenne.
Pendant que le Ghana franchit ce pas audacieux, la situation reste plus contraignante au Togo. Malgré les subventions en vigueur, le sac d’engrais continue de se négocier autour de 18 000 FCFA, un prix jugé lourd par de nombreux producteurs. Cette charge limite l’accès aux intrants et freine l’extension des surfaces cultivées, accentuant les inégalités entre exploitants.
La décision ghanéenne résonne dans toute la sous-région, au moment où la hausse des prix des intrants pèse sur les agriculteurs. Elle pourrait inspirer d’autres pays à revoir leurs politiques agricoles, en privilégiant des mesures plus inclusives pour soutenir la base paysanne. Les observateurs estiment que ce choix stratégique pourrait renforcer la compétitivité du Ghana sur les marchés agricoles et créer un effet d’entraînement dans l’espace CEDEAO.
En optant pour la gratuité des engrais, le Ghana envoie un message fort : l’agriculture est au cœur de son projet de développement. Ce virage contraste avec les difficultés rencontrées par les producteurs togolais, et pose une question cruciale : jusqu’où les États de la sous-région sont-ils prêts à aller pour soutenir leurs agriculteurs face à la flambée des coûts de production ?





