0076/HAAC/01-2023/pl/P
La CRIET a requis cinq ans de prison ferme contre un pasteur poursuivi pour escroquerie. Deux fidèles affirment lui avoir remis plus de 338 millions FCFA en croyant à des promesses de bénédictions et de voyages en Europe. Le verdict est attendu le 30 juillet 2026.
La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a examiné, cette semaine, un dossier pour le moins troublant : celui d’un pasteur poursuivi pour escroquerie aggravée, à la suite des plaintes déposées par deux de ses fidèles. Selon les éléments du dossier, le responsable religieux aurait abusé de la confiance de ses adeptes en leur promettant des bénédictions divines et des opportunités financières en Europe, moyennant d’importants versements d’argent.
Les plaignants, issus de la même famille, affirment que leur pasteur leur faisait croire que Dieu leur réservait des voyages en Europe, des véhicules et des partenariats d’affaires en France, Belgique et Allemagne. Pour accéder à ces « bénédictions », ils devaient accomplir plusieurs sacrifices financiers. Le religieux prétendait recevoir des révélations d’un Belge mystique, présenté comme membre de l’église et détenteur de dons spirituels. Ces messages, relayés par le pasteur, servaient à justifier les versements successifs.
Selon les déclarations à la barre, le premier plaignant aurait remis 326 millions FCFA, tandis que le second aurait versé 12 millions FCFA. Un troisième membre de la famille, également sollicité, a affirmé n’avoir rien payé. Le parquet a révélé que le pasteur ne s’était pas limité aux promesses spirituelles : il aurait fait établir des passeports aux victimes et leur aurait promis des comptes bancaires crédités de 200 et 150 milliards FCFA, renforçant ainsi la crédibilité de son discours.
Face à la Cour, le prévenu a nié les accusations, affirmant qu’il ne s’agissait pas d’une escroquerie mais d’une collaboration spirituelle avec un intermédiaire chargé de transmettre les révélations du fameux Belge, aujourd’hui introuvable. Il conteste également les montants évoqués, reconnaissant seulement avoir reçu 26 millions FCFA du premier plaignant et 2 millions FCFA du second.
Estimant les faits suffisamment établis, le ministère public a requis : 60 mois de prison ferme, 2 millions FCFA d’amende, Remboursement des sommes versées (326 millions et 12 millions FCFA), 5,5 millions FCFA de dommages et intérêts pour chacune des victimes.
La défense, de son côté, a plaidé la relaxe pure et simple, arguant que le pasteur devait pouvoir reprendre ses activités de prédication.
La CRIET a mis l’affaire en délibéré, avec une décision attendue le 30 juillet 2026. Ce dossier illustre une fois de plus la vigilance accrue de la juridiction spéciale face aux dérives financières sous couvert de religion, un phénomène qui prend de l’ampleur dans la sous-région.





