0076/HAAC/01-2023/pl/P
Le tribunal d’Abomey-Calavi a connu, le mercredi 15 avril 2026, une affaire pour le moins insolite : quatre clients très remontés ont décidé de poursuivre en justice un marabout qu’ils accusent d’escroquerie. Selon leurs déclarations, ils auraient déboursé au total 1.568.500 FCFA pour divers travaux spirituels, sans obtenir le moindre résultat.
À la barre, les plaignants ont détaillé leurs mésaventures : La première victime affirme avoir versé 378.000 FCFA pour des travaux spirituels et un savon de “déblocage”, sans effet. La deuxième dit avoir remis 616.000 FCFA, en suivant scrupuleusement les instructions du marabout, mais sans résultat tangible. La troisième évoque 158.500 FCFA dépensés, sans amélioration de sa situation. La quatrième, visiblement très remontée, déclare avoir confié 416.000 FCFA pour l’achat de produits censés venir de Lomé, qu’elle n’a jamais reçus.
Toutes dénoncent des promesses non tenues et se disent trompées après avoir fait confiance au prévenu.
Face au juge, le marabout n’a pas nié avoir reçu de l’argent, mais il conteste les montants avancés par les victimes. Il aura l’occasion de s’expliquer plus en détail lors de la prochaine audience.
Le dossier a été renvoyé au 20 mai 2026, date à laquelle le marabout devra répondre aux accusations portées contre lui. L’affaire, qui suscite curiosité et indignation, relance le débat sur la prolifération des pratiques spirituelles douteuses et sur la nécessité de protéger les citoyens contre les escroqueries déguisées en promesses mystiques.
Ce procès illustre la fragilité de nombreux citoyens face aux promesses de solutions rapides à leurs difficultés. Il met aussi en lumière la responsabilité des autorités judiciaires dans la régulation de pratiques qui, trop souvent, exploitent la détresse et la crédulité des populations.





