Bénin : l’abandon familial devient un délit, entre avancée sociale et polémique

Au Bénin, la responsabilité familiale n’est plus seulement une affaire de morale, elle est désormais inscrite dans le droit pénal. Une nouvelle loi prévoit qu’un mari qui abandonne son épouse enceinte pendant plus de deux mois sans motif valable risque jusqu’à un an de prison et une amende. Le texte vise également les grossesses précoces : l’auteur est tenu d’assumer la santé, la scolarité, la formation et l’avenir de la jeune fille ainsi que de l’enfant.

Cette réforme, saluée par certains comme une avancée majeure pour la protection des femmes et des enfants, suscite néanmoins un vif débat. Les partisans y voient un outil de justice sociale, capable de responsabiliser les hommes et de réduire les drames liés à l’abandon. Pour eux, il s’agit d’un pas décisif vers l’égalité et la dignité des familles vulnérables.

Mais les critiques dénoncent une pression jugée excessive sur les hommes. Ils craignent des abus, notamment des paternités imposées sans preuve solide, et s’interrogent sur la capacité de la justice à trancher équitablement dans des situations souvent complexes. La question de l’équilibre entre protection des victimes et respect des droits des accusés reste au cœur des inquiétudes.

Pendant que le Bénin choisit la voie de la pénalisation directe, le Ghana opte pour une approche différente : le test ADN obligatoire avant toute reconnaissance de paternité. Une mesure qui, selon ses promoteurs, garantit la vérité biologique et limite les litiges, mais qui soulève aussi des interrogations sur la confidentialité et le coût.

Entre responsabilisation et crainte d’injustice, ces initiatives illustrent la diversité des réponses africaines face aux défis de la famille et de la parentalité. Elles ouvrent un débat de société qui dépasse les frontières nationales : comment concilier protection des plus vulnérables et respect des libertés individuelles ?

Komla AKPANRI
Komla AKPANRI

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