Burkina Faso : 11 ans de prison pour l’ex-chef de la sécurité de Damiba, un verdict lourd aux résonances politiques

Le capitaine Abdoul Kader Zanré, ancien chef de la sécurité de Paul Henri Sandaogo Damiba, a été condamné à 11 ans de prison, dont 5 ans ferme, pour incendie volontaire et mise en danger de la vie d’autrui. Le tribunal a également émis un mandat d’arrêt contre lui, marquant une étape importante dans une affaire qui mêle justice militaire et tensions politiques.

Trois autres prévenus Sawadogo Hamidou alias Alpha, Boro Aboubacar alias Brade, et Poda Nania alias Chuteur ont été reconnus coupables dans la même affaire. Ils écopent chacun de cinq ans de prison avec sursis et d’une amende de deux millions de francs CFA.

Cette condamnation intervient alors que Paul Henri Sandaogo Damiba, ancien président de la transition burkinabè, a été extradé de Lomé vers Ouagadougou. Il est poursuivi pour une présumée tentative d’assassinat contre le capitaine Ibrahim Traoré, actuel chef de l’État.

Le dossier Zanré, bien que distinct, s’inscrit dans une série de procédures judiciaires visant des proches de l’ancien régime militaire. Les observateurs y voient une volonté des autorités de rétablir l’ordre et la responsabilité au sein des forces armées après les turbulences politiques de 2022.

La condamnation du capitaine Zanré, figure clé de la sécurité présidentielle sous Damiba, illustre la détermination du pouvoir judiciaire à sanctionner les dérives internes à l’armée. Mais elle soulève aussi des interrogations sur la dimension politique de ces poursuites, dans un pays encore marqué par les rivalités entre anciens et nouveaux dirigeants militaires.

Ce verdict, lourd de conséquences, confirme la volonté du Burkina Faso de tourner la page des excès du passé et de renforcer la discipline au sein de ses institutions. Reste à savoir si ces décisions judiciaires contribueront à apaiser le climat politique ou à raviver les tensions entre les partisans de Damiba et ceux du capitaine Traoré.

Sources : Tribunal militaire de Ouagadougou, juin 2026.

Komla AKPANRI
Komla AKPANRI

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