Cameroun : après les Églises de réveil, des voix réclament la fermeture des loges et sectes

Après la décision du ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, de fermer plusieurs églises dites de réveil jugées non conformes aux règles en vigueur, un nouveau débat agite l’opinion publique camerounaise. De nombreux citoyens estiment que, par souci d’équité, l’État devrait également s’attaquer aux loges et sociétés secrètes qui prospèrent dans le pays.

Dans le viseur des critiques figurent notamment la Grande Loge nationale (GLN), les mouvements rosicruciens, le Grand Ordre de Malte, ainsi que d’autres cercles ésotériques ou mystiques. Certains vont plus loin en dénonçant des pratiques jugées occultes ou déviantes qu’ils associent à des loges informelles ou fantaisistes, parfois décrites de manière caricaturale dans les discussions populaires.

Cette revendication traduit une inquiétude croissante face à l’influence supposée de ces organisations dans la société camerounaise. Les partisans de leur interdiction estiment qu’elles constituent des « cercles vicieux » qui échappent au contrôle de l’État et fragilisent la cohésion sociale.

Toutefois, la question reste sensible. Contrairement aux Églises de réveil, dont les activités religieuses publiques peuvent être encadrées par la loi, les loges et associations philosophiques ou caritatives comme le Rotary ou le Lions Club bénéficient d’un statut légal reconnu. Leur éventuelle fermeture poserait donc un problème juridique et politique majeur.

Le débat illustre la tension entre la volonté de régulation des autorités et la diversité des croyances et pratiques au Cameroun. Reste à savoir si le ministre Atanga Nji, déjà applaudi pour sa fermeté vis-à-vis des Églises de réveil, ira plus loin en élargissant son action à ces organisations, ou si cette revendication populaire restera sans suite.

Komla AKPANRI
Komla AKPANRI

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