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La polémique née après la finale de la CAN 2025 opposant le Maroc au Sénégal (0-1) a suscité de vifs débats sur l’arbitrage et le comportement des Lions de la Teranga, qui avaient brièvement quitté la pelouse en signe de protestation. Certains observateurs ont évoqué la possibilité d’une sanction lourde, voire d’un retrait du trophée. Pourtant, une analyse juridique des règlements de la CAF et de la FIFA montre que cette hypothèse est pratiquement impossible.
L’article 82 du Code disciplinaire de la CAF
L’article stipule qu’une équipe qui refuse de continuer un match ou quitte définitivement le terrain est considérée comme ayant abandonné. Le fait salvateur : le Sénégal est revenu sur la pelouse et le match s’est poursuivi jusqu’à son terme réglementaire. Juridiquement, ce retour empêche la sanction maximale du forfait (3-0), même si une amende reste possible pour « comportement antisportif ».
Le rôle crucial de l’arbitre (Loi 5 de l’IFAB)
L’arbitre est seul juge de la continuité du match. En autorisant la reprise après le retrait temporaire des Sénégalais, il a validé la régularité de la rencontre. La FIFA rappelle dans son Code disciplinaire (Art. 9) que les décisions de l’arbitre sur le terrain sont finales et irrévocables.
Le coup de sifflet final et la remise officielle du trophée consacrent la « vérité du terrain ». Dans l’histoire moderne du football, revenir sur un résultat après une cérémonie officielle est quasi inexistant, sauf en cas de dopage massif ou de corruption avérée. La Fédération marocaine a évoqué un argument moral, mais sans preuves de fraude ou de corruption, la CAF ne peut juridiquement annuler le titre. Une fois le match terminé et le trophée remis, le résultat est protégé par le principe de stabilité.
L’idée d’un retrait du trophée est qualifiée par des juristes de « monstruosité juridique ». Les sanctions possibles sont limitées : amendes financières pour la fédération sénégalaise ou suspension du sélectionneur Aliou Cissé / Pape Thiaw si son rôle est avéré dans le retrait temporaire.
La question de la sécurité et de l’intégrité
- Le Sénégal peut invoquer l’article 16 du Règlement de la CAN, qui rend l’organisateur (le Maroc) responsable de la sécurité.
- Le retrait des joueurs a été motivé par l’agressivité des stadiers et des défaillances sécuritaires.
- Juridiquement, une équipe ne peut être sanctionnée pour avoir protégé ses joueurs face à une menace sécuritaire.
Le Maroc peut saisir les instances compétentes, mais le droit du sport privilégie toujours le résultat acquis sur le terrain lorsque le match est allé à son terme. Le Sénégal pourrait écoper d’une amende pour la « mise en scène » de la protestation, mais les médailles et le trophée resteront à Dakar.





