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Le Togo vient de lancer un débat inédit au sein des Nations unies : faut-il revoir la manière dont le monde est représenté sur les cartes géographiques ? À l’origine de cette initiative, le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, qui dénonce les distorsions de la célèbre projection de Mercator, utilisée depuis des siècles dans les écoles, les atlas, les GPS et les outils numériques.
Selon lui, cette représentation fausse la perception des continents, en particulier celle de l’Afrique. Sur les cartes de Mercator, l’Afrique paraît réduite, presque comparable au Groenland, alors qu’en réalité elle est immensément plus vaste. Pour corriger cette injustice visuelle, le Togo défend désormais la projection dite “Equal Earth”, jugée scientifiquement plus fidèle aux proportions réelles de la planète.
Robert Dussey insiste : il ne s’agit pas d’une attaque politique mais d’une démarche scientifique visant à redonner à l’Afrique sa juste place dans l’imaginaire mondial. L’Union africaine soutient déjà cette initiative, et Lomé souhaite désormais convaincre l’ONU d’adopter une résolution officielle. Mais un tel changement aurait un coût considérable : révision des manuels scolaires, adaptation des systèmes GPS, mise à jour des logiciels et plateformes numériques.
Au-delà de la technique, l’enjeu est symbolique. Pour le Togo, cette réforme cartographique s’inscrit dans une volonté plus large de défendre une nouvelle vision africaine du monde et de rompre avec certains héritages de la colonisation. Sur les réseaux sociaux, le débat est vif : certains saluent une “justice géographique” longtemps attendue, d’autres estiment que ce changement ne résoudra pas les véritables défis du continent.
Quoi qu’il en soit, l’initiative togolaise ouvre une réflexion mondiale sur la manière dont nous regardons la planète. Car derrière une carte, il y a toujours une vision du monde, et celle-ci pourrait bien être en train de changer.





