0076/HAAC/01-2023/pl/P
Le 24 juillet 2026 restera une date marquante dans l’histoire du droit international. Pour la première fois, un procureur en exercice de la Cour pénale internationale (CPI) a été démis de ses fonctions. Karim Khan, magistrat britannique nommé en 2021, a été destitué à la suite d’un vote tenu au siège des Nations unies à New York : 82 voix pour, 13 contre et 15 abstentions, sur les 125 États membres de la Cour.
Cette décision, sans précédent, intervient après plusieurs mois de pressions diplomatiques et de controverses liées aux enquêtes ouvertes par la CPI sur les crimes de guerre présumés commis à Gaza et en Ukraine. Selon des sources relayées par Reuters, Al Jazeera et The Guardian, le procureur aurait subi des sanctions financières et des restrictions de déplacement imposées par certains États occidentaux, notamment les États-Unis et Israël, en réaction à ses tentatives d’appliquer le droit international de manière équitable.
Des observateurs dénoncent une instrumentalisation politique de la justice internationale. Plusieurs ONG, dont Human Rights Watch et Amnesty International, ont exprimé leur inquiétude face à ce qu’elles qualifient de “coup porté à l’indépendance de la CPI”. Des diplomates africains et asiatiques ont également critiqué une “justice sélective” dominée par les puissances mondiales, rappelant que la Cour avait souvent été accusée de cibler les dirigeants africains tout en évitant les dossiers impliquant les États-Unis ou Israël.
Du côté du gouvernement israélien, cette destitution est perçue comme une victoire diplomatique. Des responsables à Jérusalem ont salué “la fin d’une ère de partialité”, tandis que Washington a évoqué “la nécessité d’une réforme structurelle de la CPI”.
Pour de nombreux juristes, cette affaire révèle la fragilité du système judiciaire international face aux pressions politiques. Elle pose une question fondamentale : peut-on encore parler d’une justice universelle lorsque ceux qui la défient en deviennent les cibles ?





