Espagne : Ceuta, Melilla et les derniers territoires espagnols en Afrique

Contrairement à ce que suggère une carte simplifiée, l’Espagne ne se limite pas à l’Europe. Elle possède encore des territoires sur le continent africain, entièrement entourés par le Maroc. Les plus connues sont Ceuta et Melilla, deux enclaves situées sur la côte nord marocaine, administrées par Madrid et intégrées à l’Union européenne.

Cette situation remonte au XVe siècle, lorsque les royaumes ibériques ont conquis plusieurs ports d’Afrique du Nord pour contrôler le commerce maritime et lutter contre la piraterie. Si la plupart de ces possessions ont été abandonnées ou restituées, Ceuta et Melilla sont restées espagnoles.

À l’indépendance du Maroc en 1956, Rabat a récupéré la majorité des territoires contrôlés par les puissances européennes. Mais l’Espagne a conservé Ceuta et Melilla, affirmant que ces villes faisaient partie intégrante de son territoire bien avant la naissance de l’État marocain moderne.

Pour le Royaume du Maroc, ces enclaves doivent être restituées car elles se trouvent sur son territoire géographique. Pour l’Espagne, elle est espagnole, non négociable et pleinement intégrée à l’UE.

Outre Ceuta et Melilla, l’Espagne administre encore plusieurs petites possessions : Îles Chafarinas, Rocher d’Alhucemas, Rocher de Vélez de la Gomera.

Ce dernier est particulièrement singulier : il est relié au Maroc par une bande de sable de quelques dizaines de mètres, formant l’une des plus petites frontières terrestres du monde.

Ces territoires permettent à l’Espagne de maintenir une présence militaire et politique dans le détroit de Gibraltar, l’un des passages maritimes les plus fréquentés au monde. Chaque année, des dizaines de milliers de navires y transitent entre l’Atlantique et la Méditerranée.

L’existence de ces enclaves démontre que les frontières actuelles sont le fruit d’une longue histoire coloniale et militaire. Elles continuent d’alimenter les tensions diplomatiques entre Rabat et Madrid, tout en rappelant que la géographie politique mondiale est parfois plus complexe qu’elle n’y paraît.

Komla AKPANRI
Komla AKPANRI

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *