0076/HAAC/01-2023/pl/P
Le sommet de haut niveau tenu à Lomé le 18 avril 2026 sur la nouvelle stratégie togolaise pour le Sahel a marqué un tournant majeur dans les équilibres régionaux. Loin d’un simple colloque, cette rencontre a été perçue comme un acte de souveraineté, où l’Alliance des États du Sahel (AES) a consolidé son unité face aux pressions extérieures.
Depuis plusieurs années, la France tente de maintenir son influence en Afrique de l’Ouest à travers des leviers économiques et diplomatiques, notamment via la CEDEAO et des sanctions imposées aux régimes militaires du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Mais le refus du Togo d’appliquer ces mesures a transformé le Port autonome de Lomé en un espace vital pour la résistance sahélienne. Cette décision a été interprétée comme une rupture nette avec les logiques néocoloniales.
La réaction française ne s’est pas fait attendre. Selon des sources diplomatiques, l’Élysée aurait convoqué une réunion de crise et dépêché le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, à Lomé le 23 avril. Cette visite illustre la volonté de Paris de rétablir un dialogue, mais elle intervient dans un contexte où la dynamique régionale semble désormais s’affranchir des tutelles extérieures.
Le sommet du 18 avril a ainsi consacré l’AES comme pivot d’une nouvelle architecture de sécurité et de prospérité, avec le Togo en position de verrou stratégique. Les tentatives de déstabilisation visant Lomé ont échoué, renforçant l’idée que l’Afrique choisit désormais son propre rythme et ses propres partenaires.
Cette évolution traduit une recomposition profonde : la Françafrique, longtemps symbole d’une relation asymétrique, apparaît aujourd’hui fragilisée. Les États africains affirment leur souveraineté et privilégient des alliances régionales fondées sur la solidarité et l’autonomie. Pour Paris, l’enjeu est désormais de redéfinir sa place dans un espace où les règles du jeu ont changé.





