0076/HAAC/01-2023/pl/P
Le Parquet national financier (PNF) a annoncé, ce mercredi 20 mai 2026, l’ouverture d’une enquête préliminaire visant l’ancien Premier ministre français Dominique de Villepin. Les investigations portent sur des faits présumés de recel de détournement de fonds publics et d’infractions connexes, liés à deux statuettes offertes entre 2002 et 2004 par l’ex-président burkinabè Blaise Compaoré, alors que M. de Villepin occupait le poste de ministre des Affaires étrangères.
Selon les premiers éléments, ces objets d’art auraient été remis dans le cadre de relations bilatérales entre la France et le Burkina Faso. Mais leur valeur estimée et les circonstances de la remise soulèvent des interrogations sur la nature exacte de ces dons. Le parquet cherche à déterminer si ces cadeaux relèvent d’un usage protocolaire ou s’ils pourraient être assimilés à des avantages indus financés par des fonds publics burkinabè.
Créé pour lutter contre la corruption et les délits économiques, le PNF s’intéresse ici à la traçabilité des objets et à leur mode d’acquisition. Les enquêteurs devront établir si les statuettes proviennent de fonds de l’État burkinabè et si Dominique de Villepin en avait connaissance. L’ancien chef du gouvernement, qui nie toute irrégularité, affirme avoir reçu ces présents dans le cadre de ses fonctions diplomatiques, conformément aux usages internationaux.
Cette affaire intervient dans un contexte où les relations franco-africaines sont scrutées avec attention. Blaise Compaoré, renversé en 2014, vit en exil en Côte d’Ivoire et reste une figure controversée du continent. L’ouverture de cette enquête pourrait raviver les débats sur les pratiques diplomatiques et la transparence des échanges entre dirigeants.
L’enquête préliminaire, confiée à la brigade financière, vise à vérifier les faits avant toute éventuelle mise en examen. Si les soupçons se confirment, elle pourrait ouvrir un nouveau chapitre dans les affaires mêlant politique, diplomatie et argent public.





