Guinée : Trois jeunes femmes condamnées pour “attentat à la pudeur” après des soupçons d’homosexualité

Le 17 juillet 2026, trois jeunes femmes ont été interpellées à Lélouma, en Moyenne Guinée, sur dénonciation de la population. Elles étaient soupçonnées d’entretenir des relations homosexuelles, une pratique qui n’est pas explicitement incriminée par le code pénal guinéen. À la barre, le juge de paix de Lélouma, Ibrahima Sory Camara, a retenu contre elles l’infraction d’« attentat à la pudeur », les condamnant à 7 jours d’emprisonnement et à une amende d’un million de francs guinéens chacune.

Chef d’accusation : Attentat à la pudeur, faute de disposition légale incriminant l’homosexualité. Jugées en flagrant délit le 23 juillet, après la saisie de photos et vidéos les montrant en train de danser, se caresser et se tenir « comme un couple ». Sept jours de prison et une amende. Le juge a justifié la relative clémence par leur jeune âge (19, 24 ans et une élève en 12e année).

Le juge Camara a expliqué que la condamnation visait surtout à « lancer un message à la population » : « Le simple fait de les faire comparaître publiquement, qu’elles pleurent, qu’elles s’évanouissent même à la barre, je crois que c’est largement suffisant. Désormais, comme tout le monde est averti, on sera sévère dans l’application de la peine. »

L’homosexualité n’est pas mentionnée dans le code répressif guinéen. Les poursuites se fondent donc sur des infractions connexes comme l’attentat à la pudeur. L’affaire illustre la forte stigmatisation des minorités sexuelles en Guinée, où les dénonciations communautaires jouent un rôle central dans la répression. Au-delà de la peine, la publicité du procès et l’humiliation publique sont utilisées comme instruments de dissuasion.

Cette affaire met en lumière la fragilité des droits des minorités sexuelles en Guinée, où l’absence de cadre légal spécifique ouvre la voie à des interprétations judiciaires extensives. Elle révèle également une volonté des autorités locales de criminaliser socialement l’homosexualité, en l’assimilant à une atteinte à la pudeur. Pour les défenseurs des droits humains, cette condamnation constitue une violation des engagements internationaux de la Guinée en matière de protection des libertés individuelles et de lutte contre les discriminations.

Komla AKPANRI
Komla AKPANRI

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