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Le capitaine Ibrahim Traoré, président du Burkina Faso, a récemment livré un discours frontal qui a résonné bien au-delà des frontières du Sahel. Accusé par les États-Unis de s’approprier les ressources aurifères de son pays, il a riposté en dénonçant l’hypocrisie d’un système international qui qualifie l’Afrique de « continent le plus pauvre » tout en exploitant ses richesses. Pour lui, la véritable bataille n’est pas celle de l’or, mais celle de la souveraineté et de la dignité.
Traoré a établi un parallèle entre les mécanismes historiques de domination coloniale et les dynamiques contemporaines d’influence internationale. Selon lui, l’Afrique est encore prisonnière d’un « esclavage économique et politique » qui empêche son émancipation. Il a rappelé que les sols africains regorgent de richesses, mais que celles-ci profitent davantage aux puissances étrangères qu’aux peuples locaux.
Dans son allocution, le président burkinabè a invoqué les figures de Thomas Sankara et Mouammar Kadhafi, deux leaders africains qui ont incarné la lutte pour l’indépendance et la souveraineté. En s’inscrivant dans leur héritage, Traoré entend placer son combat dans une continuité historique : celle d’une Afrique qui refuse de mendier et qui revendique son droit à disposer de ses ressources.
Le discours de Traoré s’inscrit dans un contexte régional marqué par la montée en puissance de la Confédération des États du Sahel (AES), dont il assure la présidence tournante. Cette alliance vise à renforcer la coopération en matière de sécurité, de souveraineté et de développement économique. Pour Traoré, l’unité africaine est la clé pour rompre avec la dépendance et bâtir un avenir fondé sur l’autodétermination.
Ce discours a provoqué de vives réactions à Washington et à Paris, mais il a également trouvé un écho puissant auprès de nombreux Africains qui y voient une parole de vérité. En dénonçant la domination et en appelant à la dignité retrouvée, Traoré s’impose comme l’une des voix les plus radicales du continent. Ses propos, brutaux mais porteurs d’espoir, placent l’Afrique face à son destin : choisir entre la soumission aux logiques extérieures ou l’affirmation de sa souveraineté.





