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Internet et les réseaux sociaux ont bouleversé nos modes de vie, nos relations et notre perception du monde. Ils nous rapprochent de ceux qui sont loin, abolissant les frontières géographiques et permettant des échanges instantanés avec des inconnus à des milliers de kilomètres. Pourtant, paradoxalement, ils nous éloignent souvent de ceux qui sont physiquement proches : famille, voisins, collègues.
Dans les foyers, chacun se réfugie derrière un écran, préférant la compagnie virtuelle à la conversation réelle. Les repas se font en silence, interrompus par des notifications. Les amitiés se mesurent en « likes » et en « followers » plutôt qu’en gestes concrets de solidarité. Cette hyperconnexion crée une illusion de proximité, mais elle fragilise les liens tangibles qui nourrissent véritablement l’être humain.
La course vers la modernité, alimentée par la technologie, semble parfois être une fuite en avant. Nous croyons avancer, mais vers quoi ? Vers un monde où l’individu est entouré de milliers de contacts virtuels, mais se sent seul dans sa chambre. Vers une société où l’on partage des instants intimes avec des inconnus, mais où l’on ignore le regard de son voisin.
Le danger est que cette modernité devienne une course vers le vide. Le néant d’une vie où l’on confond interaction numérique et relation humaine. La solitude d’un monde où l’on est « connecté » en permanence, mais rarement présent à soi-même et aux autres.
Pourtant, Internet et les réseaux sociaux ne sont pas condamnés à être des vecteurs d’isolement. Ils peuvent aussi être des outils d’éducation, de solidarité et de mobilisation. La clé réside dans l’usage que nous en faisons. Revenir à l’essentiel, réapprendre à écouter, à dialoguer, à partager hors écran, voilà le défi.
La modernité ne doit pas être une course vers le néant, mais une quête de sens. Elle ne doit pas nous priver de l’humain, mais nous aider à le retrouver.





