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Les données sur les investissements publics 2026 dans l’espace UEMOA révèlent une hiérarchie économique qui dépasse les discours politiques. La Côte d’Ivoire confirme son rôle de locomotive régionale avec 4 195,7 milliards FCFA, soit un volume qui surclasse largement ses voisins.
Le classement en valeur absolue place le Bénin en deuxième position (1 350 milliards FCFA) et le Togo en troisième (945 milliards FCFA), devant le Sénégal (900 milliards FCFA), le Mali (780 milliards FCFA), le Burkina Faso (740 milliards FCFA), le Niger (580 milliards FCFA) et la Guinée-Bissau (832 milliards FCFA).
L’investissement ivoirien dépasse à lui seul le cumul des trois pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) Mali, Burkina Faso et Niger qui totalisent 2 100 milliards FCFA. Cette avance s’explique par : une économie plus robuste, une base fiscale élargie, une capacité d’emprunt supérieure, des programmes massifs dans les infrastructures, l’énergie, les transports et l’urbanisation.
Si la Côte d’Ivoire domine en valeur absolue, certains pays consacrent proportionnellement une part plus importante de leur budget à l’investissement :
Togo : 34,3 %
Bénin : 33 %
Côte d’Ivoire : 24,1 %
Mali : 21,8 %
Niger : 19,8 %
Burkina Faso : 18,8 %
Sénégal : 12,1 %
Ainsi, le Togo et le Bénin apparaissent comme des acteurs ambitieux, malgré des économies plus modestes. Le Sénégal, avec 900 milliards FCFA, reste significatif en volume mais son ratio d’investissement est faible, reflétant le poids des dépenses courantes.
Pour le Mali, le Burkina Faso et le Niger, les dépenses sécuritaires, les difficultés d’accès au financement extérieur et les contraintes macroéconomiques limitent les marges de manœuvre. Leur effort d’investissement doit donc être lu dans un contexte de fragilité institutionnelle et sécuritaire.
La véritable question n’est pas seulement le montant investi, mais la richesse future créée : Un milliard consacré à une université, une zone industrielle ou un réseau énergétique peut générer une croissance durable. À l’inverse, des investissements mal gouvernés ou mal exécutés risquent de peser sur la dette sans bénéfice réel pour les populations.
L’investissement public est un indicateur de puissance économique, mais son efficacité reste le critère fondamental du développement. La Côte d’Ivoire confirme son rôle de locomotive régionale, tandis que le Togo s’impose en troisième position grâce à un effort budgétaire remarquable. Les pays de l’AES, eux, doivent composer avec des contraintes sécuritaires et financières qui freinent leur capacité d’investissement.





