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Ils étaient onze jeunes Togolais, parmi eux des mineurs. Séduits par des promesses d’emplois « bien payés » en Côte d’Ivoire, dans le secteur du poisson, ils ont quitté leur environnement avec l’espoir d’une vie meilleure. On leur parlait de 30 000 à 50 000 francs CFA par jour, une rémunération qui, pour des jeunes sans emploi, ressemblait à un miracle.
Arrivés à Jacqueville, la réalité s’est révélée brutale. Ces jeunes ont été transformés en esclaves modernes : Les garçons envoyés en haute mer dans des conditions extrêmement dangereuses. Les filles contraintes de passer leurs nuits à fumer du poisson jusqu’au petit matin.
Pas de repos. Pas de salaire. Seulement des violences, des humiliations et la peur.
Le plus douloureux reste la présence de mineurs parmi les victimes. Des enfants qui auraient dû être à l’école, entourés de leurs familles, et non livrés à des trafiquants sans scrupules dans un pays étranger. Cette affaire illustre la vulnérabilité des jeunes face aux réseaux de trafic humain.
Aujourd’hui, beaucoup de jeunes grandissent avec l’idée que la réussite se trouve forcément ailleurs. Les réseaux sociaux, en exhibant voitures, argent et voyages, alimentent cette illusion. Mais derrière ces images se cachent souvent des souffrances invisibles : travaux forcés, prostitution, escroqueries, disparitions ou même la mort loin des familles.
Cette affaire doit servir d’alerte : Tout ce qui est promis à l’étranger n’est pas réel. Certains recruteurs exploitent la pauvreté et le désespoir pour piéger les jeunes. Aucun parent ne devrait laisser un enfant partir vers l’inconnu sur de simples promesses.
La réussite ne commence pas forcément par l’exil. Elle peut et doit se construire dans la dignité, la liberté et la sécurité. Le drame de Jacqueville rappelle l’urgence de sensibiliser la jeunesse, de renforcer la lutte contre les trafics humains et de créer des opportunités locales pour que l’espoir ne se transforme plus en cauchemar.





