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Le 16 janvier 2001, à 13 h 30, un coup de feu retentit dans le bureau présidentiel du Palais de Marbre à Kinshasa. Le président de la République Démocratique du Congo, Laurent-Désiré Kabila, est abattu de trois balles par l’un de ses propres gardes. Vingt-cinq ans plus tard, cet assassinat demeure l’un des cold cases les plus opaques de l’histoire politique africaine, où se mêlent intrigues internes, rivalités régionales et enjeux géopolitiques mondiaux.
Le tireur, Rashidi Kasereka Mizele, ancien enfant-soldat du Kivu devenu membre de la garde rapprochée, profite de sa proximité pour approcher le président et tirer à bout portant. Il est aussitôt abattu par le colonel Eddy Kapend, aide de camp du chef de l’État. La mort du tueur prive la justice de son premier témoin clé. Le décès du président est dissimulé pendant quarante-huit heures, son corps étant transféré au Zimbabwe avant l’annonce officielle le 18 janvier.
En 2002, la Cour d’Ordre Militaire ouvre un procès fleuve à Makala. Cent trente-cinq accusés sont jugés, dont Eddy Kapend, présenté comme le cerveau du complot. Trente condamnations à mort sont prononcées. Mais les accusés dénoncent un procès politique. En janvier 2021, après vingt ans de détention, Kapend et plusieurs coaccusés sont graciés par le président Félix Tshisekedi, relançant le mystère.
Les quatre pistes des commanditaires
La vengeance des Kadogo : Kabila avait exécuté en novembre 2000 le commandant Anselme Masasu, figure adulée des jeunes soldats. La veille de sa mort, il aurait validé l’exécution de dizaines de Kadogo soupçonnés de mutinerie. L’assassinat serait une vendetta interne.
La piste rwando-ougandaise : en pleine Deuxième Guerre du Congo, Kigali et Kampala auraient orchestré le complot pour éliminer un président jugé inflexible et imposer un pouvoir plus conciliant.
La mafia du diamant : Kabila avait bouleversé le commerce du diamant en octroyant un monopole exclusif à une société israélienne, privant les comptoirs libanais de Kinshasa. L’hypothèse d’un assassinat financé par les cartels spoliés reste évoquée.
La piste occidentale : ses relations exécrables avec Washington et la rupture de contrats miniers géants nourrissent la thèse d’une élimination orchestrée par des puissances étrangères.
Vingt-cinq ans après, l’assassinat de « Mzee » demeure une énigme. La libération d’Eddy Kapend a rouvert les débats, mais aucune piste n’a jamais été confirmée. Entre vendetta militaire, complot régional, mafia économique et ingérences internationales, l’affaire reste un symbole des zones d’ombre de la géopolitique africaine.





