0076/HAAC/01-2023/pl/P
Dans l’État du Niger, des milices d’autodéfense ont mené des raids meurtriers contre des campements peuls, accusant les éleveurs d’appuyer les jihadistes du groupe Lakurawa. Les bilans évoquent entre 700 et 1 000 morts, mais restent difficiles à vérifier.
La violence intercommunautaire a franchi un nouveau seuil dramatique au Nigeria. Selon plusieurs sources locales et humanitaires, des milices issues des ethnies Kambari et Bargawa ont attaqué ces dernières semaines des campements d’éleveurs peuls dans le district d’Agwara, dans l’État du Niger. Les assaillants, armés et circulant à moto, ont tué des bergers, pillé du bétail et incendié des habitations.
Ces attaques font suite à une série d’enlèvements attribués aux jihadistes Lakurawa, que les milices accusent les Peuls de soutenir. Les bilans sont effroyables : une source onusienne évoque environ 700 morts, tandis que le chef peul local, Farouk Ardo, estime que près de 1 000 personnes auraient été tuées en deux mois.
Les Peuls, souvent stigmatisés pour leur supposée proximité avec les groupes armés, se retrouvent pris dans un engrenage de représailles. Beaucoup ont fui vers l’État voisin de Kebbi, craignant de nouvelles attaques. Des vidéos consultées par l’AFP montrent des victimes grièvement blessées, confirmant la brutalité des assauts.
La police n’a pas encore réagi officiellement, mais les organisations humanitaires alertent sur une spirale de violences qui pourrait embraser toute la région.





