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Le déclenchement de la « guerre du Ramadan » a pris de court le Sultanat d’Oman, longtemps considéré comme un médiateur discret mais influent entre l’Iran et les puissances occidentales. Sayyid Badr bin Hamad Al Busaidi, ministre des Affaires étrangères, n’a pas mâché ses mots en dénonçant les frappes américano-israéliennes contre l’Iran, qu’il juge « immorales et illégales ».
Cette offensive, survenue alors que les négociations entre Washington et Téhéran progressaient, a bouleversé l’équilibre fragile que Mascate s’efforçait de maintenir. Oman, fidèle à sa tradition diplomatique de neutralité et de médiation, avait investi des efforts considérables pour rapprocher les positions des deux adversaires. Mais l’escalade militaire a réduit à néant ces avancées, poussant l’Iran à fermer la porte à toute reprise de dialogue.
Dans ce contexte, le message de félicitations adressé par le sultan Haitham ben Tariq à l’ayatollah Mojtaba Khamenei, nouvellement élu Guide suprême de la République islamique d’Iran, prend une dimension particulière. Il traduit à la fois la volonté d’Oman de maintenir des relations cordiales avec Téhéran et son inquiétude face aux représailles iraniennes qui n’ont pas épargné les pays voisins, y compris le Sultanat lui-même.
Pour Sayyid Badr bin Hamad Al Busaidi, l’offensive américano-israélienne ne vise pas seulement l’Iran : elle s’inscrit dans une stratégie plus large de remodelage du Moyen-Orient, destinée à accélérer la normalisation des relations avec Israël et à affaiblir les États qui soutiennent la cause palestinienne. Une lecture qui reflète la crainte de voir la région s’enfoncer dans une spirale de confrontation, au détriment des efforts de paix.
Oman se retrouve ainsi dans une position délicate : fidèle à son rôle de médiateur, mais confronté à une réalité où les logiques de puissance semblent l’emporter sur la diplomatie. La « guerre du Ramadan » marque un tournant, non seulement pour les relations entre l’Iran et l’Occident, mais aussi pour la place d’Oman dans un Moyen-Orient en pleine recomposition.





