0076/HAAC/01-2023/pl/P
Le mercredi 22 juillet 2026, lors d’une audience foraine tenue à Pabré, la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Ouaga I a rendu son verdict dans une affaire qui illustre les dérives des groupes d’autodéfense dits Koglweogo. Sept prévenus ont été condamnés pour séquestration, violences volontaires et atteinte à la vie privée, au préjudice de Jules Y., injustement accusé d’avoir volé un porc.
Les faits remontent à septembre 2025. Jules Y. avait capturé un porc entré dans son maquis, endommageant ses décorations. Après trois jours sans propriétaire identifié, il avait confié l’animal à un boucher pour l’abattre ou le vendre. Quelques jours plus tard, convoqué par les Koglweogo à l’initiative de S. Noaga, il affirme avoir été ligoté, violenté, filmé puis contraint de verser 145 000 FCFA pour recouvrer sa liberté. La vidéo de son supplice avait circulé sur les réseaux sociaux, suscitant l’indignation et des débats sur les pratiques de ces groupes.
Le tribunal a estimé que les prévenus avaient outrepassé leurs prérogatives en se substituant aux autorités judiciaires, portant atteinte aux droits fondamentaux de la victime. Cette décision marque un signal fort contre les abus des milices d’autodéfense, régulièrement critiquées pour leurs méthodes expéditives et violentes.
Au-delà du cas de Jules Y., ce procès relance le débat sur la place des Koglweogo dans le système sécuritaire burkinabè. Si ces groupes se présentent comme des garants de la sécurité communautaire, leurs interventions illégales et brutales posent un problème majeur de respect de l’État de droit et des libertés individuelles. La condamnation prononcée à Pabré rappelle que nul n’est au-dessus de la loi et que la justice reste l’unique cadre légitime pour régler les litiges.





