Plus de 37 500 migrants qui ont traversé l’Espagne sont revenus au Maroc

Plus de 60 000 migrants ont franchi la frontière entre le Maroc et l’enclave espagnole de Ceuta fin juillet 2026, mais près de 48 000 à 50 000 sont déjà repartis volontairement au Maroc. Cet afflux massif a provoqué une crise humanitaire et politique, avec au moins 34 à 57 morts recensées par noyade ou bousculade. Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a dénoncé une “violation de la souveraineté” et a accéléré les expulsions en coopération avec Rabat.

Les passages ont eu lieu entre le 30 et le 31 juillet 2026. Entre 40 000 et 60 000 migrants ont franchi la frontière en quelques jours, soit près de 70 % de la population de Ceuta (83 000 habitants). Majoritairement des jeunes Marocains, souvent adolescents ou jeunes adultes, cherchant des opportunités économiques. Une récente décision de la Cour suprême espagnole stipule que les migrants arrivés par la mer ne peuvent pas être immédiatement refoulés, ce qui a été exploité par des réseaux de passeurs.

Entre 18 et 57 morts selon les sources, par noyade ou écrasement lors de la ruée vers la frontière. Les centres d’accueil de Ceuta ont été débordés, avec un manque de nourriture, d’eau et de logement. Faute de conditions de survie, des milliers de migrants ont choisi de retourner au Maroc.

Pedro Sánchez a qualifié l’afflux de “violation de l’intégrité territoriale” et a déployé l’armée pour sécuriser Ceuta. Les forces de sécurité ont renforcé les contrôles et repoussé les foules avec du gaz lacrymogène et des matraques. La France et l’Allemagne ont appelé à renforcer les contrôles, tandis que l’Italie a menacé de suspendre l’Espagne de l’espace Schengen.

L’arrêt de la Cour suprême espagnole a été interprété comme une opportunité par les passeurs. Certains observateurs estiment que Rabat a pu relâcher ses contrôles pour exercer une pression politique sur Madrid. La crise rappelle celle de mai 2021 et met en lumière la fragilité des enclaves espagnoles en Afrique face aux flux migratoires.

Cette crise migratoire à Ceuta illustre la complexité des relations entre l’Espagne et le Maroc, où se mêlent enjeux humanitaires, diplomatiques et sécuritaires. Si la majorité des migrants sont déjà repartis, l’épisode révèle la vulnérabilité des enclaves espagnoles et la nécessité d’une coopération renforcée entre l’Union européenne et le Maroc pour éviter de nouvelles tragédies.

Komla AKPANRI
Komla AKPANRI

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