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Dans le 4ᵉ arrondissement de Bangui, le quartier Kokpa connaît une situation alarmante : l’accès à l’eau potable demeure un défi quotidien pour ses habitants. Créé au début des années 2000, ce quartier est aujourd’hui confronté à une crise qui compromet la santé publique et accentue la précarité sociale.
Malgré la construction récente d’un forage, celui-ci ne parvient pas à couvrir les besoins d’une population en constante croissance. Les habitants, contraints par la rareté, se tournent vers une source naturelle non aménagée. Cette eau, utilisée pour la cuisine, la lessive et parfois la consommation, est pourtant insalubre. « Ici, au quartier Kokpa, trouver de l’eau est vraiment difficile. L’eau que nous utilisons provient de la source, même si elle n’est pas potable », confie Léance Bénédicte Dakot, résidente du quartier.
Cette dépendance à une eau non traitée expose la population à de graves risques sanitaires. Les spécialistes alertent sur la propagation de maladies hydriques telles que la fièvre typhoïde, les infections bactériennes ou encore les diarrhées aiguës, qui touchent particulièrement les enfants et les personnes vulnérables. Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), près de 2 milliards de personnes dans le monde consomment encore de l’eau contaminée, et l’Afrique subsaharienne reste l’une des régions les plus affectées par ce fléau.
À Kokpa, chaque saison accentue le calvaire : en période sèche, la source s’amenuise, obligeant les ménages à parcourir de longues distances pour s’approvisionner. En saison des pluies, l’eau se charge de déchets et de microbes, aggravant les risques de contamination. Cette situation illustre les inégalités persistantes dans l’accès aux services de base à Bangui, où certains quartiers bénéficient de réseaux d’adduction modernes tandis que d’autres survivent grâce à des solutions précaires.
Face à cette détresse, les habitants lancent un appel pressant au gouvernement centrafricain et à ses partenaires techniques et financiers. Ils réclament des investissements urgents pour garantir un accès durable à l’eau potable, par la multiplication des forages, la mise en place de réseaux de distribution et la sensibilisation à l’hygiène. Pour José Levi Mbroussou, observateur local, « l’eau est un droit fondamental. L’État doit agir pour que Kokpa ne soit pas oublié ».
La crise de Kokpa n’est pas un cas isolé. Elle s’inscrit dans un contexte national où l’accès à l’eau potable demeure un défi majeur. Selon l’UNICEF, moins de 40 % de la population centrafricaine dispose d’un accès sécurisé à l’eau, un chiffre qui révèle l’ampleur des besoins et l’urgence des interventions.





