0076/HAAC/01-2023/pl/P
La Russie intensifie sa répression contre les Témoins de Jéhovah : après les avoir qualifiés d’« organisation extrémiste », la justice ordonne la confiscation de 123 biens immobiliers, dont des lieux de culte et des centres administratifs, au profit de l’État. Cette décision s’inscrit dans une politique de liquidation totale de leurs entités juridiques.
En avril 2017, la Cour suprême russe a dissous les 395 entités légales des Témoins de Jéhovah, les assimilant à une organisation extrémiste. Depuis, les autorités multiplient les saisies et les arrestations. En 2026, la justice russe ordonne la confiscation de 123 biens immobiliers : 63 bâtiments résidentiels ou commerciaux, 60 terrains. La majorité de ces biens étaient utilisés comme Salles du Royaume (lieux de culte) ou centres administratifs.
Le Groupe de travail sur la détention arbitraire (WGAD) a dénoncé la répression, jugeant la détention de 26 Témoins de Jéhovah « arbitraire et discriminatoire » et demandant leur libération immédiate. Dans l’affaire Vilitkevich et al. v. Fédération de Russie, il a conclu que Moscou violait les articles 9, 18, 26 et 27 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, notamment la liberté de religion et la protection des minorités.
La saisie prive les fidèles de leurs lieux de culte et de rassemblement. Plus de 2 300 domiciles ont été perquisitionnés depuis 2017, et plus de 530 fidèles ont été emprisonnés pour leurs activités religieuses pacifiques.
Cas emblématiques : Anna Safronova (Astrakhan) purge une peine de six ans, la plus longue infligée à une femme depuis 2017. Andrey Vlasov (Prokopyevsk), condamné à sept ans, souffre de graves problèmes de santé mais reste détenu.
Cette confiscation illustre une stratégie systématique d’éradication des Témoins de Jéhovah en Russie, combinant liquidation juridique, saisie patrimoniale et détention arbitraire. Elle place Moscou en contradiction directe avec ses engagements internationaux en matière de droits humains. Pour les observateurs, il s’agit d’un signal inquiétant : la Russie ne se contente plus de criminaliser la pratique religieuse ; elle vise désormais à effacer toute infrastructure matérielle de cette communauté.





