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Dans une lettre au ton amer et sans équivoque, Modou Fall, militant de la première heure du PASTEF-Les Patriotes, a annoncé sa démission définitive du parti fondé par Ousmane Sonko. Ce départ intervient dans un contexte de tensions internes ravivées par l’affaire Ndiaga Seck, que l’ancien membre cite comme “la goutte d’eau” ayant précipité sa rupture.
“Je notifie officiellement ma démission définitive du parti PASTEF-Les Patriotes, ainsi que la cessation immédiate de toutes mes activités et responsabilités en son sein”, écrit Modou Fall, avant de revenir sur son engagement initial, né d’un idéal patriotique et d’une foi absolue en la promesse de changement portée par Sonko.
Mais le désenchantement est total. “J’ai cru aux complots, j’ai cru aux promesses de milliards et d’abondance. Aujourd’hui, je constate l’absence de résultats et le piétinement de notre démocratie interne”, confie-t-il, dénonçant une dérive du parti vers le luxe et l’opportunisme. L’image du leader voyageant en jet privé et entouré de convois fastueux aurait, selon lui, achevé de briser la confiance.
L’affaire Ndiaga Seck, ancien responsable du parti dont l’appartenance a été publiquement niée, est au cœur de sa colère. “Nous faire croire que Ndiaga Seck n’est pas du parti, alors qu’il en a présidé des activités officielles, c’est une insulte à notre intelligence”, écrit-il, accusant la direction de manipulations et de déni.
Dans une formule poignante, Modou Fall résume son désillusion : “J’avais adhéré à PASTEF en ESPÉRANT de Sonko. Aujourd’hui, je démissionne de PASTEF en DÉSESPÉRANT de Sonko.”
Ce départ illustre le malaise grandissant au sein du parti, où plusieurs militants historiques expriment leur frustration face à ce qu’ils perçoivent comme une perte de repères et de cohérence politique. Pour Modou Fall, cette démission est avant tout un acte de liberté et de dignité, une manière de tourner la page d’un engagement qu’il estime trahi.





