Sénégal – La destitution d’Ousmane Sonko examinée par le Conseil constitutionnel

Le retour d’Ousmane Sonko au sein de l’Assemblée nationale pourrait être de courte durée. La question de sa destitution est désormais formellement posée devant le Conseil constitutionnel, qui doit se prononcer sur la compatibilité de son mandat parlementaire avec ses fonctions de Premier ministre.

Au cœur de la bataille juridique se trouvent l’article 54 de la Constitution et l’article 123 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Ces textes stipulent clairement que la qualité de membre du Gouvernement est incompatible avec un mandat parlementaire. Pour les requérants, notamment issus du groupe Takku Wallu, l’équation est simple : en acceptant la fonction de Premier ministre après son élection comme député en 2024, Ousmane Sonko aurait renoncé définitivement à son mandat législatif. Sa réintégration récente est donc qualifiée de « violation flagrante » des normes constitutionnelles.

Cette procédure ouvre un nouveau front dans la confrontation institutionnelle entre le président Bassirou Diomaye Faye et le leader du Pastef. Si le Conseil constitutionnel venait à confirmer l’incompatibilité, Sonko pourrait être contraint de quitter la présidence de l’Assemblée nationale qu’il vient d’obtenir, bouleversant l’équilibre des forces au sein du pouvoir législatif. À l’inverse, une validation de son maintien renforcerait son poids politique et accentuerait les tensions avec l’exécutif.

Au-delà du cas Sonko, ce débat illustre les fragilités de la jeune alternance sénégalaise et pose la question du respect des règles constitutionnelles dans un contexte de rivalités politiques exacerbées. Les prochains jours seront décisifs pour l’avenir institutionnel du pays, alors que l’opinion publique reste attentive aux arbitrages du Conseil constitutionnel.

Komla AKPANRI
Komla AKPANRI

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