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Le 21 avril 2026, en marge du Forum sur la sécurité à Dakar, le ministre malien des Affaires étrangères Abdoulaye Diop lançait un avertissement lourd de sens. Sans citer de noms, il dénonçait l’attitude de certains pays voisins qui « abritent actuellement des groupes terroristes, les soutiennent ou accueillent régulièrement des forces hostiles qui mènent des opérations contre nous ». Il évoquait également l’implication de puissances extérieures, laissant entendre que la menace dépassait le cadre régional.
Quatre jours plus tard, le Mali était frappé par une vague d’attaques coordonnées visant Bamako, Gao, Sévaré et Kati. Ces assauts meurtriers ont mis en lumière la pertinence des propos du chef de la diplomatie malienne. Pour beaucoup, le silence diplomatique devient intenable : les États et acteurs impliqués doivent désormais être désignés clairement afin d’exposer les responsabilités
Au-delà du champ militaire, c’est une bataille narrative qui se joue. Les autorités maliennes insistent sur la nécessité de révéler les soutiens logistiques et politiques dont bénéficient les groupes armés. Car derrière la guerre contre le terrorisme se profile une guerre de vérité : informer les populations, briser l’opacité et mettre en lumière les complicités.
Les accusations implicites de Bamako visent à pousser les pays de la région à clarifier leurs positions. L’évocation de forces étrangères souligne l’importance des rivalités géopolitiques dans le Sahel. La transparence devient un impératif pour maintenir la confiance des citoyens et renforcer la résilience nationale.
L’avertissement d’Abdoulaye Diop prend aujourd’hui une dimension prophétique. Les attaques du 25 avril démontrent que la menace n’est pas seulement militaire mais aussi politique et diplomatique. Pour le Mali, la lutte contre le terrorisme passe désormais par une exigence de vérité, afin de dévoiler les acteurs cachés et de mobiliser les populations dans une guerre qui se joue autant sur le terrain que dans les consciences.





