0076/HAAC/01-2023/pl/P
C’est désormais officiel : Ousmane Sonko, ancien Premier ministre et leader du Pastef, a été élu président de l’Assemblée nationale du Sénégal avec une majorité écrasante de 132 voix sur 165. Ce résultat confirme la domination de son parti depuis les législatives de novembre 2024 et marque une étape décisive dans la recomposition du paysage institutionnel sénégalais.
Dans son premier discours, Sonko a tenu à adresser des félicitations chaleureuses au nouveau Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Lô, qu’il a décrit comme « un travailleur acharné, compétent et dévoué » avec qui il a collaboré pendant un an et demi. Ce geste de reconnaissance traduit une volonté d’apaisement et de continuité dans la gestion des affaires publiques.
Cependant, derrière ces éloges, le nouveau président de l’Assemblée nationale a tracé des lignes rouges claires. Il a exprimé des divergences profondes sur des sujets stratégiques tels que la monnaie et la dette, tout en regrettant le manque de consultation du parti majoritaire dans la nomination du chef du gouvernement. Sonko a rappelé avec fermeté : « On ne peut pas faire du Pastef sans Pastef. »
Ce double message félicitations d’un côté, avertissements de l’autre illustre la complexité des rapports entre l’exécutif et le législatif dans le Sénégal actuel. Tout en affirmant son attachement à la stabilité nationale, Sonko a lancé un appel au dialogue responsable, invitant à dépasser les égos et les querelles personnelles pour mener à bien le mandat en cours.
L’élection de Sonko renforce le poids du Pastef au sein du pouvoir législatif, accentuant l’équilibre des forces avec l’exécutif. Les divergences sur la dette et la monnaie annoncent des débats houleux au Parlement. Le rappel de l’importance du Pastef dans les décisions gouvernementales constitue un avertissement direct au président Bassirou Diomaye Faye et à son équipe.
En somme, l’arrivée d’Ousmane Sonko à la tête de l’Assemblée nationale ouvre une nouvelle phase de cohabitation tendue mais incontournable, où les félicitations diplomatiques côtoient les clarifications politiques.





