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Le Sénégal vient d’entrer dans une zone institutionnelle inédite et périlleuse. À peine trois jours après son limogeage de la primature par le président Bassirou Diomaye Faye, Ousmane Sonko a orchestré une contre-offensive fulgurante en se faisant élire président de l’Assemblée nationale avec 132 voix sur 165. Ce coup de force parlementaire repositionne le leader du Pastef comme le deuxième personnage de l’État et ouvre une séquence de confrontation directe entre exécutif et législatif.
Dès sa première déclaration, Sonko a dénoncé « l’hyper-présidentialisme », signalant qu’il n’entend pas occuper une fonction honorifique mais bien exercer un contre-pouvoir actif. En face, le chef de l’État a choisi de nommer Ahmadou Al Aminou Lô, technocrate réputé, au poste de Premier ministre. Le message du Palais est clair : l’exécutif avance sans consulter le parti majoritaire. Mais Sonko a immédiatement rappelé une ligne rouge : « On ne peut pas faire du Pastef sans Pastef. »
Le piège de la cohabitation interne est désormais refermé. D’un côté, un Premier ministre nommé par le président, chargé de faire adopter lois et budgets. De l’autre, une majorité parlementaire verrouillée par Sonko, prête à censurer ou bloquer toute initiative qui ne correspond pas à sa ligne politique. Le Pastef, en croyant réinventer une gouvernance à deux têtes, a placé le pays dans une paralysie institutionnelle au sommet.
Ce bras de fer entre Diomaye et Sonko dépasse les querelles de parti : il menace de transformer les institutions de la République en champ de bataille. La stabilité politique du Sénégal dépendra désormais de la capacité des deux camps à dépasser les rancunes et à instaurer un dialogue responsable. Faute de quoi, c’est tout l’appareil d’État qui risque d’être pris en otage par une guerre des pouvoirs sans précédent.





