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Le salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) est souvent présenté comme un repère essentiel des politiques sociales en Afrique francophone. Pourtant, son utilité réelle pour mesurer le niveau de vie reste limitée. Une étude récente sur les pays de l’UEMOA et de la CEMAC met en évidence des écarts notables : de 40 000 FCFA au Mali à 129 035 FCFA en Guinée équatoriale, en passant par 75 000 FCFA en Côte d’Ivoire ou 52 500 FCFA au Togo. Ces chiffres, bien qu’alignés sur les dispositions légales, ne disent pas grand-chose du quotidien des travailleurs.
Le SMIG fixe un seuil minimal de rémunération, mais il ne traduit pas la réalité économique d’un pays. Deux États peuvent afficher des montants similaires alors que :
Le coût du logement varie fortement d’une capitale à l’autre.
Les prix de l’alimentation et des transports diffèrent sensiblement.
Les dépenses de santé pèsent plus lourd dans certains contextes.
Ainsi, 75 000 FCFA à Abidjan n’offrent pas le même pouvoir d’achat qu’à Dakar ou Libreville. Le SMIG est donc un indicateur social, mais insuffisant pour comparer les niveaux de vie.
Dans la Zone CFA, plus de 80 % des emplois relèvent du secteur informel. Cela signifie que des millions de travailleurs ne bénéficient ni du SMIG, ni de protection sociale, ni de réglementation du travail. Relever le salaire minimum améliore la situation des salariés du secteur formel, mais son impact sur l’ensemble de l’économie demeure limité.
Pour évaluer le bien-être économique, il faudrait privilégier :
Le salaire médian, qui reflète mieux la distribution réelle des revenus.
Le coût de la vie, incluant logement, alimentation, santé et transport.
Le pouvoir d’achat effectif, après paiement des dépenses essentielles.
La proportion de travailleurs gagnant effectivement au moins le SMIG.
Ces indicateurs permettraient de mesurer plus fidèlement la prospérité et les inégalités.
L’amélioration du niveau de vie ne dépend pas seulement d’une hausse du SMIG. Elle exige :
La formalisation des emplois pour élargir la protection sociale.
L’industrialisation et l’accroissement de la productivité.
La montée en compétences de la main-d’œuvre.
La maîtrise de l’inflation, qui érode le pouvoir d’achat.
Un salaire minimum élevé ne crée pas de richesse par lui-même : il doit être soutenu par une économie capable de financer durablement cette hausse.
Le SMIG reste un indicateur social important, mais il ne suffit pas pour mesurer la réalité économique des pays africains. Le salaire médian et le pouvoir d’achat apparaissent comme des outils plus pertinents pour comparer les économies et orienter les politiques publiques.
À votre avis, pour une analyse régionale crédible, faut-il privilégier le salaire médian ou le pouvoir d’achat comme indicateur central ?





