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Ancien chef redouté de la DGSSIE, bras armé du pouvoir tchadien, le général Tahir Erda vit ses derniers instants dans la solitude et la surveillance. De figure intouchable, il est devenu symbole de la décrépitude d’un système qui dévore ses propres serviteurs.
Le masque tombe, la force brute s’effondre. Tahir Erda, longtemps considéré comme l’homme fort de la Direction générale de service de sécurité des institutions de l’État (DGSSIE), gît aujourd’hui dans un état critique. Celui qui terrorisait les citoyens au nom du régime n’est plus qu’une épave, grabataire et affaibli, surveillé par les siens comme un pestiféré.
Le spectre de Yaya Dillo plane sur son agonie. Dans les communautés tchadiennes, la conviction est unanime : l’ancien bourreau est rattrapé par ses démons et par le sang versé. Un notable, dans un réquisitoire vocal devenu viral, a lancé au tyran agonisant : « Vous avez assassiné Yaya Dillo, un homme pieux, un patriote. Vous allez tous y passer, un par un. » Cette malédiction populaire résonne comme le verdict implacable d’un peuple opprimé.
Sur son lit de mort, Tahir Erda n’est pas entouré de compassion mais de surveillance. Les agents de l’Agence nationale de sécurité (ANSE) le cernent, craignant les secrets qu’il pourrait emporter. Le régime, qui l’a utilisé comme instrument de répression, le traite désormais comme une menace.
Cette fin tragique illustre la logique implacable des dictatures : elles ne connaissent ni fidélité ni gratitude. Les serviteurs les plus zélés deviennent, tôt ou tard, des fardeaux à éliminer. La peur a changé de camp. Le système dévore ses enfants jusqu’à leur dernier souffle, laissant derrière lui le spectre des injustices et des fantômes qu’aucune arme ne peut faire taire.





