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La récente intronisation de Lamgoudjow Aklesso, issu de l’ethnie kabyè, comme chef sur des terres Tem à Kpario dans le Tchaoudjo, suscite une vive polémique. En dépit des règles ancestrales de succession, un conseil coutumier dominé par des non-Tem a imposé ce choix, révélant une ingérence politique qui fragilise les équilibres traditionnels et alimente les tensions identitaires.
La désignation d’un chef en pays Tem obéit depuis des siècles à des règles précises, transmises de génération en génération. Ces cérémonies, dirigées par les doyens, permettent aux prétendants de rappeler l’histoire et les traditions de leur localité avant que l’ayant-droit ne soit choisi. Mais le 26 août dernier, ces pratiques ont été écartées. Lamgoudjow Aklesso, un Kabyè, a été intronisé chef de canton à Kpario, en contradiction avec la logique coutumière.
Le professeur Zakari Tchagbalè, linguiste à la retraite, a dénoncé cette décision dans une lettre ouverte, rappelant que seul un Tem pouvait protéger les us et coutumes de Kpario. Il a pointé du doigt l’ingérence du ministère de l’Administration territoriale, accusé d’imposer un chef Kabyè au détriment des postulants légitimes Tem.
Le conseil coutumier qui a validé cette intronisation était composé de quinze membres, dont treize Kabyè, un Samirè et un Peul, sans aucun représentant Tem. Cette composition illustre une politisation manifeste du processus traditionnel.
Selon des témoignages, Faure Gnassingbé aurait menacé par le passé les chefs Tem de destitution s’ils persistaient à réclamer un chef Tem à Kpario. Face à cette pression, les autorités locales n’ont pu que constater impuissantes l’imposition d’un chef étranger aux coutumes de leurs ancêtres.
Des voix s’élèvent pour rappeler que la solution ne réside ni dans la surenchère identitaire ni dans la division ethnique, mais dans le respect de l’histoire et des traditions. L’avocat Kwasigan Adjé-Woda Arnaud AGBA souligne que la politique ne doit pas réécrire la coutume pour servir des intérêts immédiats.
Cette affaire révèle une fracture profonde entre la légitimité coutumière et l’ingérence politique. Elle interpelle sur la nécessité de préserver les équilibres ancestraux afin d’éviter que la fibre ethnique ne soit instrumentalisée au détriment de la paix sociale.





